Bis repetita. La justice avait annulé en janvier le licenciement de Majdouline B., infirmière de l’Assistance publique des hôpitaux de Paris, renvoyée pour avoir refusé de retirer son calot chirurgical dans les couloirs de l’établissement. L’AP-HP a refusé de la réintégrer après la décision du tribunal administratif de Paris, et lui a infligé huit mois d’exclusion. Une audience de référé aura lieu le 17 février pour contester cette nouvelle sanction.
La direction de l’AP-HP avait licencié la soignante en novembre 2025, au motif qu’elle portait en toutes circonstances un calot chirurgical, équipement de protection en tissu, porté habituellement au bloc opératoire ou en réanimation. Si Majdouline B., comme de nombreuses autres soignantes, explique avoir pris cette habitude dès son embauche en 2018, c’est en 2025 que l’AP-HP a commencé à la sanctionner en invoquant des raisons de «laïcité». Jusqu’à un conseil disciplinaire en octobre, au terme duquel elle avait été licenciée et radiée de la fonction publique.
«Des centaines de cas similaires»
L’infirmière avait contesté cette décision auprès du Tribunal administratif de Paris. Un rassemblement de soutien s’était tenu lors de son audience, où d’autres soignantes témoignaient de cas similaires, dénonçant une «chasse au bout de tissu» et un «détournement de la laïcité». «Qu’est-ce qui montre qu’une infirmière avec un bonnet sur la tête, c’est un signe religieux ?», questionnait Blandine Chauvel, assistante sociale à la Pitié Salpêtrière et représentante du syndicat Sud Santé.
Le 6 janvier, le tribunal de Paris s’est prononcé sur la forme en suspendant le licenciement. Le juge des référés a considéré que l’infirmière avait «commis une faute de nature à justifier une sanction disciplinaire», mais qu’il pouvait y avoir une «absence de proportion» entre la faute commise et la sanction. Il a également enjoint l’AP-HP à réintégrer Majdouline B. «dans un délai d’un mois», ce à quoi s’est refusée l’institution.
«La direction vise des femmes, sur des bases discriminatoires, en présumant qu’elles sont de confession musulmane, et en s’arrogeant le droit de régenter ce qu’elles ont sur la tête alors même qu’il n’y a aucune manifestation religieuse», dénonçait le syndicat Sud Santé de la Pitié Salpêtrière dans un communiqué diffusé le 30 janvier. «Des centaines de cas nous remontent», ajoute un communiqué de la même source paru ce vendredi 13 février. Un rassemblement se tient ce même jour à Tenon, en soutien à une soignante victime d’une procédure similaire.




