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Après l’assassinat d’un psychiatre en Guadeloupe : «On se sent tout le temps en danger»

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Une centaine de collègues de Jean-Michel Gal, tué en consultation au début du mois, ont organisé une marche blanche vendredi 12 décembre pour dénoncer la précarité des structures de psychiatrie sur l’île. A «Libé», sa veuve confie qu’il avait alerté sa tutelle de la nécessité de sécuriser les locaux.

Le nombre de patients suivis par l’Etablissement public de santé mentale en Guadeloupe est en hausse de plus de 20% par rapport à 2019. (Cyril Zannettacci/Vu pour Libération)
ParLudovic Clerima
correspondant en Guadeloupe
Publié le 13/12/2025 à 16h52

Ni le soleil plombant, ni la pluie n’auront eu raison de la centaine de soignants venus rendre un dernier hommage à Jean-Michel Gal, vendredi 12 décembre. Toutes les personnes croisées lors de la marche blanche font un constat identique : la mort du psychiatre, poignardé le 1er décembre, en pleine consultation, par l’un de ses patients au centre médico-psychologique (CMP) du Gosier, près de Pointe-à-Pitre, laisse un vide car l’homme de 67 ans était l’une des chevilles ouvrières de la psychiatrie guadeloupéenne. Toutes disent aussi que le drame met en lumière les difficultés chroniques, humaines et matérielles, rencontrées par l’ensemble du personnel de santé dans l’archipel.

Geneviève Blirando, par exemple, a bien connu le docteur Gal : «Il était très investi dans l’éducation thérapeutique des patients. C’est dans ce cadre que je l’ai rencontré. Je ne suis malheureusement pas étonnée de ce qui s’est passé. On se sent tout le temps en danger.» L’infirmière travaille dans une unité de réhabilitation installée dans une petite villa, un local inadapté, comme c’est souvent le cas.

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