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Interview

«Aux urgences pédiatriques, on est obligé de trier les enfants dépressifs»

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Idées noires, dépression, agitation… La professeure Christèle Gras-Le Guen alerte sur les conséquences du confinement et de la fermeture des écoles sur la santé mentale des enfants.

Une fillette dans sa chambre, au service de pédiatrie de l'hôpital Robert-Debré, le 2 mars. (Christophe Ena/AP)
Publié le 31/03/2021 à 16h22

A quelques heures de l’allocution d’Emmanuel Macron ce mercredi soir, qui doit décider ou non de renforcer les mesures sanitaires pour contrer la flambée épidémique actuelle, plusieurs voix s’élèvent pour réclamer la fermeture des écoles – c’est notamment le cas de la maire de Paris, Anne Hidalgo. Pour la professeure Christèle Gras-Le Guen, cheffe de service des urgences pédiatriques du CHU de Nantes et présidente de la Société française de pédiatrie, une telle décision entraîne bien trop d’effets délétères, notamment sur la santé mentale des enfants.

Avec le recul, que retenez-vous des confinements, notamment le premier, sur la santé des enfants ?

Il y a eu plusieurs effets. D’abord, sur la santé somatique des enfants, un impact très spectaculaire avec une quasi-disparition des maladies infectieuses. On n’a pas vu de bronchiolite, de gastro-entérite, de grippe cet hiver, c’est du jamais-vu. On est aujourd’hui en train d’observer un pic d’infections virales de type bronchiolite qui est totalement décalé dans le temps puisque d’habitude, c’est une infection qui survient mi-novembre. C’est un effet qui n’était pas att

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