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Congestion

Bronchiolite : 16 bébés ont été transférés hors d’Ile-de-France depuis le 17 octobre

L’épidémie annuelle bat son plein en France. Sur la dernière semaine de novembre, près de 3 000 nourrissons de moins d’un an sont passés aux urgences. Un tiers d’entre eux ont été hospitalisés.

Les enfants concernés ont été transférés dans les CHU de Rouen et Reims. (Aline Morcillo/Hans Lucas. AFP)
Publié le 08/12/2025 à 11h25, mis à jour le 08/12/2025 à 19h21

Pratiquement toute la carte épidémique de Santé publique France a viré au rouge, à l’exception de la Corse, de la Martinique et de la Guadeloupe : l’épidémie de bronchiolite est partout. Un tiers des bébés de moins de deux ans sont touchés tous les ans ; les plus fragiles non immunisés risquent des complications graves. Et, comme chaque hiver, les services des hôpitaux se préparent à un surcroît d’activité. En Ile-de-France, seize enfants ont dû être transférés hors de la région, a fait savoir l’Agence régionale de santé ce lundi 8 décembre.

Parmi ces transferts, six ne sont «pas liés aux tensions sur les places d’hospitalisation en Ile-de-France mais répondaient à une problématique non médicale de rapprochement avec le domicile des parents, notamment dans le Val d’Oise et dans les Yvelines.» L’ARS reconnaît tout de même que les cas restants «peuvent être effectivement attribués à une tension locale sur l’offre, mais pas nécessairement à une saturation des services à l’échelle régionale». Selon la localisation de l’hôpital, le choix est parfois fait de changer de région plutôt que d’amener le patient dans un autre département francilien plus éloigné.

L’agence rappelle que l’Ile-de-France est en alerte épidémique «pour la sixième semaine consécutive», avec une augmentation, sur la dernière semaine de novembre, de 9,7 % des passages aux urgences chez les moins de un an par rapport à la semaine précédente. Mais elle tient à souligner que la région «dispose de places disponibles» : «Un lit en réanimation pédiatrique, douze lits en soins intensifs pédiatrique et quatorze lits en unités de soins continus pédiatriques, neuf berceaux en réanimation néonatalogie et douze en unité de soins intensifs de néonatalogie».

3000 bébés aux urgences en une semaine

Au niveau national, entre les 24 et 30 novembre, dernières données publiées par Santé publique France, environ 3 000 bébés de moins d’un an sont passés aux urgences pour bronchiolite. Parmi eux, 974 ont été hospitalisés (ce qui représente 36,5 % des hospitalisations de cette tranche d’âge, contre 32,2 % la semaine précédente). Sur cette même semaine, SOS Médecins a remonté 339 actes pour bronchiolite chez ces enfants. Pour l’heure, l’ampleur de l’épidémie est «comparable» à celle de l’année dernière, note l’agence publique.

La bronchiolite, provoquée principalement par le virus respiratoire syncytial (VRS), débute généralement par un rhume et une légère fièvre. Puis le malade se met à tousser, sa respiration peut se faire plus difficile, voire devenir sifflante. Il peut avoir des difficultés à dormir, manger et boire. Les symptômes s’atténuent en quelques jours, la guérison survient généralement dans les 8 à 10 jours. Mais les bébés les plus fragiles – âgés de quelques semaines, ou avec comorbidités – en sont très affectés. Jusqu’à se retrouver, pour les cas les plus sévères, sous respiration artificielle en réanimation. La saison dernière, l’épidémie a duré de mi-novembre à mi-janvier.

Traitements préventifs

Il n’existe pas de médicament spécifique pour traiter la bronchiolite. En revanche, certains peuvent prévenir la maladie. Comme le Beyfortus, l’anticorps monoclonal injectable de Sanofi et AstraZeneca disponible depuis 2023, qui permet d’apporter aux bébés les armes pour se défendre pendant environ cinq mois. Parmi les études, l’une publiée dans la revue scientifique The Lancet en mai dernier observait une réduction de 83 % en moyenne du risque d’hospitalisation chez les enfants de moins de 13 mois. Il est proposé en maternité depuis le 1er septembre ; pour les enfants nés avant cette date, il faut passer par les cabinets de médecins de ville.

Il y a aussi l’Abrysvo, arrivé en 2024, un vaccin destiné aux femmes enceintes au huitième mois de grossesse pour que leur enfant naisse avec de quoi se défendre. La sécurité de ces traitements a été confirmée par deux rapports dévoilés fin novembre par l’Agence de sécurité du médicament (l’ANSM).

A entendre de nombreux pédiatres, la commercialisation de ces options préventives a révolutionné l’impact de cette épidémie annuelle. «De mémoire de pédiatre, on n’avait jamais vu cela. Que ce soit le nombre de consultations, de passages aux urgences, d’admissions en réanimation, la baisse est très spectaculaire», témoignait encore Christèle Gras Le Guen, porte-parole de la Société française de pédiatrie, auprès de Libé début novembre. Mais encore faut-il que les enfants soient immunisés. Ce pour quoi elle appelle, comme ses confrères et consœurs, les parents à immuniser leur enfant. «Nous avons le recul pour dire qu’il est efficace et sans effet secondaire. Il est important que les familles aient accès à cette information et les enfants à cette protection.»

Mise à jour à 18 h 45 avec le communiqué de l’ARS Ile-de-France

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