A la veille du vote de l’Assemblée nationale sur le budget de la Sécurité sociale, il est encore l’heure d’aller chercher des voix. Si celles du PS paraissent sécurisées depuis l’appel d’Olivier Faure à ce que les parlementaires socialistes joignent leurs voix à celle du camp présidentiel, le gouvernement regarde avec appréhension l’attitude des écologistes. Pour saler la soupe, la ministre de la Santé Stéphanie Rist a donc déposé lundi soir un amendement permettant d’augmenter l’objectif des dépenses de l’assurance maladie.
«Pour un budget de la Sécurité sociale sincère au regard des derniers débats parlementaires, j’ai déposé un amendement portant l’Ondam - les dépenses d’assurance maladie - de 2 à 3 %», a indiqué Stéphanie Rist sur X. «Si le PLFSS est adopté : dépenses de santé maîtrisées malgré le déficit. En cas de rejet : dérive massive, plus de 30 milliards d’euros de déficit», a ajouté la ministre, maintenant la pression sur les parlementaires encore indécis.
«Ca sera un des éléments importants dans notre décision»
L’annonce a semblé déjà produire des effets sur les responsables du groupe parlementaire écologiste. Si la hausse des objectifs de dépenses - initialement jugé de toutes parts comme largement insuffisant par rapport à l’évolution «naturelle» des dépenses de santé - est votée, «ça sera un des éléments importants dans notre décision» sur l’ensemble du texte, a déclaré auprès de l’AFP Cyrielle Chatelain, la patronne des élus verts.
Les voix de ces derniers vaudront cher, mardi au moment des deux votes prévus (volet dépense puis vote sur la globalité du texte). Les écologistes, 38 députés, avaient voté contre le volet recette mais se sont servis d’une possible abstention comme levier pour obtenir des victoires. Sans vote contre de leur part, le rejet du projet de loi de financement de la Sécu s’éloignerait.
Le sénateur de Paris Yannick Jadot, ancien candidat à la présidentielle, a appelé lundi les députés écologistes «au minimum à s’abstenir» mardi, estimant auprès de l’AFP qu’il ne fallait «pas sanctionner un compromis» sur lequel Les Ecologistes ont pesé. Plus tôt dans la journée, le patron du PS Olivier Faure a espéré pour sa part que le «geste du gouvernement» d’augmenter l’objectif des dépenses d’assurance maladie «les amènera à faire le bon choix» sur le budget de la Sécu.




