Le cannabis thérapeutique va-t-il bientôt sortir de l’enlisement ? Après moult hésitations de l’exécutif, le calendrier de sa généralisation semble enfin fixé, à en croire les informations de France Inter. Le média révèle ce vendredi 20 février que tous les acteurs du secteur (industriels, associations de patients, pharmaciens) devront donner leur avis sur un projet de décret d’ici un mois. Objectif : permettre la commercialisation d’ici 2027 de ces traitements contre la douleur et l’anxiété.
Le temps a passé, depuis que les parlementaires ont voté fin 2023 des mesures pour permettre la légalisation du cannabis médical, dans le cadre du projet de loi de finances de la sécurité sociale. Encore faut-il passer toutes les étapes réglementaires pour que cette commercialisation se concrétise. L’une d’elles avait été franchie en mars 2025, avec la notification du ministère de la Santé à la Commission européenne des «textes définissant le cadre de production et d’autorisation du cannabis à usage médical» (une formalité administrative, mais indispensable).
Avis de la HAS attendu à l’automne
Les regards sont surtout fixés sur la Haute autorité de Santé (HAS), qui doit se prononcer sur l’intérêt thérapeutique de ces traitements. Or elle a annoncé fin décembre être incapable d’avancer dans son travail, puisque le décret censé fixer les critères de son évaluation n’avait pas été publié. C’est ce fameux texte dont parle France Inter.
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Selon nos confrères, le décret doit être présenté au Conseil d’Etat avant la fin du mois de juin, pour permettre à la HAS de se prononcer à l’automne sur les bénéfices de la prise en charge. Puis elle devra évaluer l’intérêt de ces traitements pour les patients souffrants de cancers, d’épilepsie et d’autres douleurs chroniques, qui ne parviennent pas à être soulagés. Si l’autorité sanitaire émet un avis favorable, l’objectif est de pouvoir étendre l’usage de ces traitements à partir de l’année prochaine, précise France Inter.
Pour l’heure, seules 3 000 personnes sont autorisées à utiliser ces traitements : elles font partie d’une expérimentation lancée en mars 2021, prolongée deux fois depuis. Actuellement, elles peuvent bénéficier d’un régime dérogatoire et être remboursées jusqu’au 31 mars 2026. Les évaluations se sont montrées positives - de quoi convaincre l’exécutif, assez timide sur le sujet, à franchir le pas. La majorité des patients, environ 70 %, a déclaré que leur qualité de vie s’était améliorée.




