Pascal Crépey est enseignant-chercheur en épidémiologie et biostatistiques à l’Ecole des hautes études en santé publique de Rennes. Alors que le gouvernement pourrait mettre en place ce jeudi des restrictions supplémentaires dans les vingt départements sous «surveillance renforcée», le chercheur estime que les localités actuellement préservées sont tout aussi en danger face au variant britannique, et devraient faire partie intégrante d’un potentiel nouveau tour de vis.
A lire aussi :
Jeudi dernier, le gouvernement a placé vingt départements sous «surveillance renforcée». Depuis, comment a évolué la situation épidémique dans ces territoires ?
Malheureusement, il n’y a pas de surprise à ce niveau : on continue d’observer une hausse des taux d’incidence (nombre de cas pour 100 000 habitants), avec un variant anglais de plus en plus présent. Je ne vois pas comment ces départements pourraient échapper à des mesures complémentaires. L’épidémie de ce variant n’est plus du tout contrôlée. Bien sûr, tous ces territoires ne présentent pas encore une courbe de nouvelles contaminations totalement à la verticale, tel un mur, comme cela a pu être le cas à Mayotte fin janvier. Mais la dynamique du variant anglais est bien sur une exponentielle. Sans restrictions supplémentaires, il y a toutes les raisons de penser que la croissance épidémique va exploser. Car la vaccination n’est pas encore en mesure à elle toute seule d’atténuer le fardeau hospitalier et, par exte




