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Libération
Journal d'épidémie

Covid-19 : le rôle éprouvant de la Cassandre

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Christian Lehmann est écrivain et médecin dans les Yvelines. Pour «Libération», il tient la chronique d’une société suspendue à l’évolution du coronavirus. La journaliste Aude Rossigneux est souvent qualifiée d’alarmiste par ses proches lorsqu’elle s’inquiète du Covid, des vagues successives, du manque de respect des gestes barrière. Une position épuisante, qui se mêle à l’inquiétude de la reprise de l’épidémie.

Dans une unité de soins intensifs de Saint-Denis, le 7 avril 2020. (Cha Gonzalez/Libération)
Publié le 17/07/2021 à 9h40

Au début de la pandémie, je me suis rendu compte que mon anxiété latente m’avait été utile. Depuis une dizaine d’années, dans la foulée de H1N1, je m’étais astreint à porter systématiquement un masque chirurgical devant tout patient consultant pour une affection ORL ou pulmonaire pendant la saison grippale. Parce que je n’avais pas envie de tomber malade en pleine période épidémique. Et au fond d’une armoire, j’avais entassé les masques FFP2 reçus à la fin de la pandémie précédente, ainsi que les trois boîtes que j’avais achetées sur mes propres deniers depuis. Avec mes 120 masques chirurgicaux et mes 180 FFP2, théoriquement périmés mais conservés en bon état, j’étais comparativement mieux loti que l’Etat français. Il faut dire que je ne laisse pas Marisol Touraine ou Jérôme Salomon gérer mon stock. Ça aide.

Dès le début de la pandémie, j’ai été en contact avec un grand nombre de soignants et quelques journalistes, sociologues, enseignants, chercheurs, dont certains sont devenus des amis, même si je ne les ai toujours pas rencontrés. Nous échangeons des informations, des bruits de couloir, débusquons des rumeurs et des fake news, comparons l’inexistence du prot

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