«Qui ici est vacciné ?» Dans le silence, nous levons la main. La centaine de personnes présentes nous dévisagent. Un couple assis devant nous prend sa chaise et s’éloigne. Ambiance. Il est midi ce dimanche 6 juin 2021, au parc des Libertés, un coin de campagne aux portes d’Avignon où se déroule l’université citoyenne des gilets jaunes, et nous assistons au premier rassemblement physique des antimasques et antivax français.
Quand le mouvement des gilets jaunes a été étouffé dans la répression et les nuages de lacrymos, Alexander Samuel a été alerté par ses camarades des graves effets constatés sur leur santé. Docteur en biologie moléculaire, il produit un dossier publié par l’association Toxicologie Chimie de Paris. Garde à vue, détentions arbitraires, perquisitions, ses travaux ne passent pas inaperçus auprès de la hiérarchie policière, autant d’éléments qui lui donnent crédibilité et visibilité au sein du mouvement. En pleine pandémie, dès mars 2020, il rappelle qu’une seule exposition aux lacrymos multiplie par 2,44 le risque d’infection respiratoire, alerte qui sera reprise trois mois plus tard aux Etats-Unis par un millier de médecins s’inquiétant de l’usage de cette arme contre le mouvement Black Lives Matter.
Ces travaux lui ont permis d’entrer en contact avec des scientifiques du monde entier, et pa




