Libération
(Camille McOuat/Libération)
Enquête

Danone, Charal, Bel : les arrière-cuisines des géants de l’agro-industrie pour vendre leurs produits protéinés

Article réservé aux abonnés
Des mastodontes de l’agro-alimentaire comme Danone, Bel ou Charal rémunèrent discrètement des scientifiques pour promouvoir les protéines. Alors même que ces produits contiennent souvent trop de sucres et que les Français n’ont pas les besoins de sportifs de haut niveau.
publié le 14 novembre 2025 à 11h03

En attendant son train à la gare Montparnasse, à Paris, un voyageur boulotte des mini-saucissons Justin Bridou. Sans culpabilité aucune. Il ne s’agit pas de saucissons lambda, mais de ceux de la gamme «Protéines boost». Les petites saucisses sèches sont emballées dans un viril habillage noir, aux airs de paquets de barres énergétiques protéinées que les fondus de muscu dévorent après leurs séances dans l’optique de prendre encore plus de masse musculaire.

Qu’est-ce que l’homme au béret vient faire dans cette galère ? Le producteur de charcuterie tente simplement de surfer sur la vague du marché des produits de nutrition sportive, hyperprotéinée et énergisante, qui a triplé depuis 2020, selon les données 2025 du cabinet de conseil Circana, spécialisé dans la consommation. L’influenceur fitness et premier youtubeur de France Tibo InShape a même créé sa marque : ses barres protéinées se vendent dans les magasins Carrefour depuis juin.

«Cela reste de la charcuterie»

Nos supermarchés ressemblent chaque année un peu plus aux rayons de la grande distribution des Etats-Unis, rois de la prot qui exportent leur mode dans le monde entier. A l’é

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique