«On est les Squatteurs du Blues / On connaît pas la loose / Et pour ce qui est du flouze, on s’en fout !» Tandis que les morceaux s’enchaînent, on se dit qu’on assiste là à un concert déconcertant. Côté scène se tiennent les Squatteurs du Blues : ce groupe réunit un psychiatre guitariste, un infirmier bassiste, un musicothérapeute campé derrière sa console et une dizaine d’artistes, tous patients en psychiatrie, souffrant de troubles de l’humeur, de psychoses ou de schizophrénie.
Côté public s’alignent les fauteuils roulants d’adultes de tous âges, lourdement handicapés, hébergés dans une maison d’accueil spécialisée de Saint-Côme-d’Olt, un bourg aveyronnais de 1 500 habitants. Dans une telle structure, les événements sont rares. D’autres artistes hésiteraient à franchir son seuil.
Les Squatteurs du Blues, eux, s’en donnent à cœur joie. Le handicap ne leur fait pas peur, il tapisse leur vie. Psychique ou physique, après tout, quelle différence ? Leurs pathologies, leurs troubles, leurs failles, ces musiciens amateurs les mettent en chanson, les transforment en partition, les tournent en dérision. Leurs paroles décalées ré




