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Dermatose : des centaines d’agriculteurs mobilisés dans plusieurs départements contre les abattages massifs de vaches

Confédération paysanne et la Coordination rurale ont dénoncé à l’unisson ce mercredi 3 décembre la consigne sanitaire d’abattre l’ensemble d’un troupeau en cas de détection d’un cas de dermatose nodulaire contagieuse (DNC).

A Osmoy-Saint-Valery, en Seine-Maritime. (Enrique Díaz / 7cero/Getty Images)
Publié le 03/12/2025 à 21h41

Au lendemain d’une euthanasie très contestée dans une ferme du Doubs, des centaines d’éleveurs se sont mobilisés ce mercredi 3 décembre dans plusieurs départements contre l’abattage massif des troupeaux de bovins en cas de dermatose nodulaire contagieuse (DNC).

Réclamant la fin du «massacre», des appels à manifester devant les préfectures avaient été lancés par la Confédération paysanne et la Coordination rurale (CR), deux syndicats aux positions souvent opposées mais unis pour dénoncer la politique d’abattage total, dans le Lot-et-Garonne, la Dordogne, la Creuse, les Landes ou l’Aveyron.

Pour stopper la maladie, transmise via des insectes piqueurs mais qui n’atteint pas l’homme, les autorités ont imposé d’abattre toutes les bêtes d’un troupeau vivant ensemble dès qu’un cas était détecté.

«L’Etat tue nos vaches et nos éleveurs», «Pas touche à nos troupeaux», pouvait-on lire sur des banderoles déployées devant la préfecture du Lot-et-Garonne, où environ 70 personnes étaient mobilisées selon les organisateurs et la police. Un veau mort a été accroché à la grille de la préfecture d’Agen, avec la mention «Stop au massacre».

Troupeaux «confinés»

Mardi, l’abattage de 83 bovins dans une ferme du Doubs, pourtant vaccinés, qui a donné lieu mardi à une intense mobilisation agricole avec environ 300 manifestants. Une centaine de manifestants avaient aussi tenté lundi de s’opposer à l’abattage d’environ 80 bovins dans les Pyrénées-Orientales.

Marion Débats, éleveuse et porte-parole de la Confédération paysanne du Lot-et-Garonne, a déploré ce mercredi une «gestion inhumaine» et appelé à expérimenter un abattage des seules bêtes contaminées car avec l’arrivée de l’hiver, le troupeau est «confiné» et il n’y a plus d’insectes vecteurs, souligne-t-elle.

La ministre de l’Agriculture Annie Genevard, originaire du Doubs, a rappelé mardi que cette mesure avait été prise en concertation avec la profession. «Évidemment que c’est terriblement douloureux pour les éleveurs», a-t-elle déclaré dans un entretien au quotidien Ouest-France. «Mais en quatre mois, nous avons éradiqué la maladie en Savoie, en Haute-Savoie, dans le Rhône… Dans d’autres pays qui ont opté pour l’abattage partiel, ils ont mis des années à éradiquer la maladie.»

Sur environ 2 700 animaux euthanasiés en France depuis cinq mois, plus de 1 700 l’ont été dans une zone se partageant entre la Haute-Savoie, la Savoie et l’Ain, premier foyer de l’épizootie qui frappe désormais dans les Pyrénées et le Doubs.

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