«Trottiner, c’est comment ? Qui me montre ?» Dans le sud-ouest de Strasbourg, les chaussures claquent sur le revêtement bleu du gymnase Gutenberg en cette matinée de novembre. Comme tous les mardis, une dizaine d’adolescents âgés de 11 à 15 ans de l’institut médico-éducatif (IME) Roethig, situé non loin de là, tous présentant une déficience intellectuelle plus ou moins sévère, s’échauffent avant leur séance hebdomadaire de handball. Rapidement, les ballons fusent, les sourires aussi. Après quelques passages sur des circuits de motricité, deux équipes se forment. Chez les jaunes comme chez les rouges, les règles élémentaires du sport sont maîtrisées : à quelques écarts près, personne ne court sans dribbler, ne met les pieds hors du terrain ou dans la zone de but, et le ballon circule. «Tirer dans le bon but, ne pas courir avec le ballon, faire des passes… Ça ne paraît pas comme ça, mais on a mis du temps pour en arriver là. Au début, ça ne ressemblait à rien», raconte dans un sourire Camille Weislinger, qui anime la séance.
Depuis un peu plus d’un an, la jeune éducatrice sportive du Piraths Handball, l’un des plus gros clubs du coin, accompagne une fois par semaine les jeunes de l’IME dans la découverte du hand, du basket ou encore du badminton. Sensible au handicap, mais pas forcément armée pour accueillir ce public, Camille Weislinger a participé en 2024 au programme «Club inclusif». Lancé en 2022 par le Comité paralympique et sportif français (CPSF) et financé




