Des fêtes de fin d’année dans le rouge. L’épidémie de grippe dans l’Hexagone devrait augmenter le recours aux soins pendant les vacances de Noël avec un potentiel «fort impact» à l’hôpital, selon des projections inédites publiées mercredi 17 décembre par Pasteur et Santé publique France (SpF). Dans une métropole où l’épidémie sévit dans toutes les régions, les différents indicateurs liés à la grippe ont continué à augmenter, pour toutes les classes d’âge, du 8 au 14 décembre, d’après le bilan hebdomadaire de l’agence de santé publique. L’ensemble des régions, Corse comprise, est touchée.
Le pic de l’épidémie grippale est, à ce stade, attendu autour de la dernière semaine de 2025, avec «15 % de chance que le pic ait lieu en semaine 51 [du 15 au 21 décembre], 70 % en semaine 52 [du 22 au 28 décembre] et 12 % en semaine 1 [du 29 décembre au 4 janvier]». Mais «une grande incertitude» persiste «sur l’ampleur du pic», a précisé Juliette Paireau, qui travaille sur la modélisation mathématique des maladies infectieuses à Pasteur et à SpF, au cours d’une conférence de presse.
Une première modélisation
Pour la première fois, Pasteur et Santé publique France ont communiqué des prévisions sur la dynamique de l’épidémie de grippe en France hexagonale, au niveau national et régional, à l’horizon de quatre semaines, et sur la période probable de survenue du pic. Objectif : fournir un outil d’anticipation de la trajectoire de l’épidémie pour aider les autorités sanitaires et les professionnels de santé.
Reportage
La première version de cette modélisation anticipe bien «une croissance des passages aux urgences pour syndrome grippal dans les deux prochaines semaines, suivie d’une décroissance» les deux premières semaines de 2026, notamment sous l’effet - décalé - d’une baisse de transmission liée à la fermeture des écoles pendant les vacances.
Reprise possible de l’épidémie en 2026
«La performance du modèle peut être variable», a souligné Juliette Paireau : «pour des saisons qui ressemblent au passé, le modèle est le plus performant ; pour des saisons très différentes, le modèle aura plus de difficultés à anticiper la dynamique».
Néanmoins, vu les prévisions et «malgré le degré d’incertitude élevé inhérent à la modélisation de l’activité grippale, il est probable que le recours aux soins pour grippe s’accentue de façon importante au cours des deux prochaines semaines dans l’ensemble des régions hexagonales, avec un fort impact à anticiper à l’hôpital durant la période des congés de fin d’année», préviennent Pasteur et SpF. A ce stade, les deux institutions n’excluent pas la possibilité d’une reprise de l’épidémie après les vacances de Noël, comme observé l’année dernière, ou plus tard dans la saison comme en 2022-2023.
Si l’épidémie hivernale, portée jusqu’ici principalement par des virus de type A (H1N1 et H3N2), a démarré un peu précocement, la dynamique est jusqu’ici similaire à celle des saisons précédentes, 2023-2024 et 2022-2023, a relevé le Dr Bruno Coignard, directeur de la direction des maladies infectieuses à SpF.
En France, la saison 2024/2025 avait été particulièrement sévère : plus de 17 000 décès, contre 9 000 à 10 000 en moyenne habituellement, 30 000 hospitalisations. Pour faire face, une centaine de «plans blancs», dispositif permettant de déprogrammer des opérations ou de rappeler des personnels en congés, avaient été déclenchés.




