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Grippe : non, l’homéopathie ne peut pas servir de vaccin, rappelle l’agence du médicament

Alors que l’épidémie bat son plein en France, l’ANSM rappelle, lundi 29 décembre, que les pastilles et autres médicaments homéopathiques ne sont ni autorisés ni efficaces pour se protéger d’une infection ou d’une forme grave.

Des packs «grippe prévention» homéopathiques sont vendus en ligne par pléthores de pharmacies et parapharmacies. (Stéphane Ouzounoff/Hans Lucas. AFP)
Publié le 30/12/2025 à 11h08

La promesse a de quoi séduire : de simples granulés blancs, au goût sucré, à faire fondre sous la langue, pour prévenir voire traiter la grippe. A priori, l’homéopathie est moins rebutante que l’aiguille d’un vaccin… mais surtout inutile pour se protéger contre l’infection, insiste l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) lundi 29 décembre. Alors que l’épidémie circule intensément en France, elle rappelle dans un communiqué que ces produits «ne sont ni autorisés ni efficaces dans la prévention de la grippe».

L’alerte des autorités n’est pas sans fondement : dans une étude publiée en janvier 2025 par Santé publique France, environ 2 % des 65-85 ans interrogés affirmaient avoir été vaccinés par de l’homéopathie. Boiron, le labo phare de cette pratique, se garde bien de prétendre pouvoir remplacer les vaccins par ses pilules. Il souligne même explicitement sur son site qu’elles «ne [peuvent] se substituer à la vaccination». Mais elles sont aussi présentées comme permettant de prévenir et de traiter la maladie, ou au moins les «états grippaux» (c’est-à-dire de la fièvre, fatigue, courbatures causées par d’autres virus respiratoires).

Or la distinction est ténue et l’amalgame rapide. Il ne suffit que de quelques clics pour tomber sur des conseils pour «lutter contre la grippe», et ce «naturellement», grâce à l’homéopathie, voire des packs «grippe prévention» homéopathiques vendus en ligne par pléthores de pharmacies et parapharmacies. De quoi, certes sans remettre directement en cause les vaccins, entretenir un certain flou au détriment de la piqûre.

Et engendrer de graves conséquences. Préférer cette méthode aux vaccins approuvés par les autorités «représente une perte de chance importante pour les patients, notamment les personnes de plus de 65 ans et celles à risque de développer une grippe grave ou des complications», déplore l’ANSM.

Pas de preuves

Certaines références homéopathiques ont beau être décrites comme étant préparées à partir de souches virales et donc «efficaces contre plusieurs types de grippe» - une formulation qui rappelle là aussi l’élaboration des vaccins antigrippaux - aucune étude n’a démontré leur efficacité. L’homéopathie reste à ce jour très contestée, faute de preuves scientifiques solides. Raison pour laquelle elle est totalement déremboursée depuis 2021.

«Les vaccins contre la grippe ont prouvé leur efficacité dans la prévention de la morbidité et de la mortalité liées à la grippe dans les populations à risque», rappelle encore l’Agence. Si la vaccination n’empêche pas toujours l’infection, elle réduit le risque de complications graves ou de décès.

Cette saison, la campagne de vaccination a démarré le 14 octobre en France métropolitaine. Elle est recommandée pour les personnes à risques de forme grave, c’est-à-dire notamment âgées de 65 ans et plus, celles présentant certaines maladies chroniques, les femmes enceintes, les personnes en situation d’obésité et certains professionnels comme les soignants. Même si le pic de l’épidémie est imminent, les professionnels de santé et autorités appellent les personnes concernées à tendre le bras : il est encore temps de se faire vacciner pour se protéger soi-même ou ses proches fragiles.

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