Une pièce de théâtre pour donner le sourire à des jeunes cabossés par la vie : ce vendredi soir de novembre, six collégiennes et lycéennes assistent à la représentation des Gros patinent bien, Molière du meilleur spectacle en 2022. Il ne s’agit pas d’une sortie entre copines, elles sont accompagnées d’une assistance sociale, d’un psychologue et d’un pédopsychiatre. Histoire de rompre le cercle infernal qui les a conduites à la Kaz’ados de Saint-Denis, la déclinaison réunionnaise des Maisons des adolescents dans l’Hexagone. Parmi elles, Karine (1) raconte, enjouée, que c’est la première fois depuis des mois qu’elle sort en ville : «Avant, je n’arrivais pas à marcher droit tellement j’étais mal. Mon petit ami, un fou, me faisait faire des trucs que je voulais pas.»
Dans le groupe, une autre a été victime d’inceste de la part de son oncle et reste silencieuse. Aïcha, elle, ne sait pas vraiment pourquoi elle était «submergée» par l’angoisse. «Je ne mangeais plus, je me scarifiais, je pensais au suicide tous les jours…» Mèches blondes qui lui tombent sur les yeux, Sandrine se livre à son tour : harcelée par les filles de sa classe,




