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Précautions

Lait infantile : les marques bio Popote et Babybio rappellent des lots en France, à cause de la toxine céréulide

Ces nouveaux rappels font suite au durcissement de la réglementation en France et en Europe, avec la division par deux du seuil autorisé de cette toxine dans les laits infantiles.

«Popote applique sans attendre le nouveau cadre européen et rappelle deux lots de lait infantile 1er âge», a déclaré le fabricant dans un communiqué. (Barbara Gindl/APA-PictureDesk. AFP)
Publié le 02/02/2026 à 7h56, mis à jour le 02/02/2026 à 17h18

Après Nestlé, Danone ou Lactalis, la liste des rappels continue de s’allonger. Les marques de nourriture pour bébés bio Popote et Babybio (produite par le groupe Vitagermine) ont annoncé ce lundi 2 février le rappel de lots de lait infantile 1er âge en France, après l’abaissement par le pays du seuil pour la toxine céréulide, responsable de rappels de boîtes dans plus de 60 pays.

Le ministère de l’Agriculture a fait savoir vendredi soir qu’il allait imposer à l’ensemble des fabricants français de laits infantiles un seuil limite plus strict pour la toxine céréulide responsable de ces rappels de boîtes. La France a anticipé le durcissement de la réglementation européenne : les scientifiques de l’Efsa, l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments, ont recommandé ce lundi après-midi de diviser par deux le seuil autorisé dans le lait infantile pour cette toxine.

«Popote applique sans attendre le nouveau cadre européen et rappelle deux lots de lait infantile 1er âge, a déclaré dès lundi matin le fabricant dans un communiqué. Suite à l’évolution du cadre européen, ces deux lots de 1er âge Popote ne répondent plus aux critères en vigueur. Le taux de céréulide de deux de nos lots dépasse le nouveau seuil de sécurité. Cette situation a été reliée à l’huile riche en ARA utilisée, issue de l’un de nos deux fournisseurs, Cabio Biotech. Cette information ne concerne ni les 2e ou 3e âge (nous n’ajoutons pas d’ARA dans ces formules), ni les boîtes 1er âge achetées via notre site web.» Contactée par Libération il y a quelques jours au sujet de la présence dans ses produits de cette huile fabriquée en Chine, la marque vantant son «Made in France» avait botté en touche, et évoqué un fournisseur français avant de se rétracter.

De son côté, Vitagermine a également annoncé ce jour le rappel de trois lots de lait infantile 1er âge Babybio, disant avoir, durant le week-end, «mené des investigations pour s’assurer que l’ensemble des produits respectent ce nouveau seuil. Elles ont permis d’identifier 3 lots de lait infantile 1er âge – qui étaient conformes à la norme en vigueur jusqu’à la semaine dernière».

Dépôt de plainte de huit familles

Désormais, selon les recommandations des scientifiques de l’Efsa, la dose limite de référence est de 0,014 de céréulide par kilogramme, contre 0,03 auparavant. La France avait anticipé cette mesure, et, dès vendredi soir, le ministère de l’Agriculture avait annoncé l’abaissement du seuil à ce niveau.

L’association Foodwatch estime cependant que «ce scandale n’est pas un problème de seuil de détection, comme veulent nous le faire croire les multinationales pour se dédouaner de leurs responsabilités. La céréulide n’a rien à faire dans les laits infantiles». «Il n’existe pas de standard européen sur la présence, par exemple, de crottes de souris dans le lait infantile. Il n’en demeure pas moins que c’est interdit et que les entreprises doivent s’assurer que leurs produits en sont exempts», a réagi dans un communiqué l’association.

Foodwatch a porté plainte jeudi aux côtés de huit familles, accusant les fabricants de laits infantiles d’avoir tardé à rappeler leurs lots suspects. L’Association pour la santé des enfants (APS-Enfants) a elle aussi déposé ce lundi un référé devant le tribunal administratif de Paris. Elle souhaite obtenir la liste complète de tous les laits infantiles potentiellement contaminés. «Les familles ont le droit de savoir ce que leurs enfants consomment. Nous assistons depuis des semaines à une omerta totalement inacceptable lorsqu’il s’agit de la santé des nourrissons», a déploré son président.

Pas encore de lien direct établi

Plusieurs industriels mettent en cause un fournisseur d’ingrédient chinois, Cabio Biotech, qui produit une huile riche en oméga-6. Cette huile aurait été contaminée par des bactéries Bacillus cereus, susceptibles de produire une toxine, la céréulide, qui peut provoquer vomissements et diarrhées.

A ce stade, deux enquêtes pénales ouvertes en France après la mort de nourrissons ayant consommé des laits Nestlé rappelés, n’ont pas établi de lien direct entre les symptômes et les laits consommés. De son côté, le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies a reçu plusieurs signalements de diarrhées, mais pas de «cas graves», après la consommation de lait visé par le rappel, toutefois les «enquêtes nationales sont en cours», assure l’Efsa.

Mise à jour à 16 h 45 avec les nouvelles recommandations de l’Efsa.
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