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Céréulide

Laits infantiles contaminés : Nestlé aurait identifié la présence de la toxine dix jours avant les premiers rappels

Les résultats des premiers prélèvements effectués par l’industriel suisse ont été reçus entre fin novembre et début décembre. Pourtant, les autorités n’ont été informées que le 9 décembre, révèle «le Monde» ce vendredi 30 janvier.

A Vevey, en Suisse, le 14 octobre 2025. (Fabrice Coffrini/AFP)
Publié le 30/01/2026 à 8h55

Nestlé avait connaissance de la présence de la toxine dans les laits infantiles au moins dix jours avant de prévenir les autorités, révèle le Monde ce vendredi 30 janvier au matin. Le quotidien affirme que l’industriel a attendu une «analyse de risque de santé» – pour comprendre les symptômes et conséquences liés à la consommation de produits contaminés – avant de prévenir les autorités néerlandaises, puis européennes, de la présence de la céréulide dans des laits produits aux Pays-Bas.

Alors que les rappels se sont échelonnés du 11 décembre au 27 janvier en France, «l’industriel était informé, dès la fin de novembre, de la présence de toxine céréulide dans des laits infantiles produits aux Pays-Bas, soit une dizaine de jours avant le premier rappel», pointe ainsi le quotidien, qui s’appuie sur les données des autorités italiennes. De fait, «les résultats des premiers prélèvements effectués par l’opérateur ont été reçus entre fin novembre et début décembre», informe le ministère de la santé italien, qui émet des alertes sanitaires.

Nestlé confirme avoir eu connaissance des contaminations fin novembre mais les autorités néerlandaises, qui ont compétence sur l’usine où est détectée la contamination, ne sont informées de ces anomalies par le groupe agroalimentaire que le 9 décembre. Les autorités européennes et d’autres pays importateurs (dont la France) le sont, elles, le 10 décembre. Commence alors dans plusieurs pays la première séquence de rappels de laits, pour certains commercialisés depuis plusieurs mois, rappelle le Monde.

Pour dénoncer ce retard, l’association Foodwatch ainsi que huit familles de bébés tombés malades après avoir consommé des laits Guigoz de Nestlé, Picot de Lactalis ou Babybio Optima de Vitagermine ont déposé plainte jeudi contre X auprès du tribunal judiciaire de Paris.

Source de la contamination

La date à laquelle l’huile riche en ARA est identifiée comme la cause de la présence de la céréulide fait également l’objet d’informations contradictoires. Selon le Monde, elle «était connue par Nestlé à la date du 10 décembre et alors transmise aux autorités européennes». L’entreprise suisse, elle, affirme que l’origine de la contamination n’est connue que plus tard, «le 23 décembre», à la suite d’«investigations approfondies», «dans un mélange d’huiles contenant un ingrédient à base d’huile riche en ARA».

Le géant agroalimentaire affirme avoir informé son fournisseur le 29 décembre, soit six jours après cette détection, et avoir alerté, le lendemain, l’industrie par l’intermédiaire des associations professionnelles. Le fabricant d’ARA, identifié par la suite comme l’entreprise chinoise Cabio Biotech, fournit de très nombreux fabricants de laits dans le monde.

Pour tenter de faire la lumière sur les responsabilités, deux enquêtes pénales sont ouvertes à Bordeaux et à Angers après la mort de deux nourrissons qui avaient consommé des laits rappelés. Des investigations sont en cours pour déterminer les causes des décès.

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