Première cause de maladie professionnelle, l’amiante tue 2 600 à 6 500 personnes chaque année, estime Santé publique France ; 100 000 dans le monde, assure l’Organisation internationale du travail. Un mal silencieux. Comme si ce scandale appartenait au passé, et comme s’il y avait une forme de fatalité. Faux, s’égosillent les associations de victimes, engluées dans une autre guerre qui semble aussi sans fin : obtenir un procès pénal. L’amiante est un scandale sanitaire majeur, doublé d’un incroyable raté judiciaire. La responsabilité de l’Etat est pourtant établie, formulée par le Conseil d’Etat dès 2004, et reconnue par le Sénat en 2005.
Voilà pourtant plus d’un siècle que les responsables politiques connaissent les dangers des fibres d’amiante. En 1906 déjà, un médecin du travail s’inquiétait de la surmortalité des ouvriers travaillant à son contact. En 1930, les premiers liens sont faits avec le cancer du poumon. Et au tournant des années 50, le caractère cancérogène sera établi. Au même moment, sur les chantiers, on continue à l’utiliser, les couvreurs en tartinent les toitures. On en met dans les faux plafonds, le long des tuyauteries. Dans les revêtements de route aussi, les voiture




