Premier sommet gravi, once de soulagement. Charles Boyer, 79 ans, a quitté son lit d’hôpital ce vendredi. Les chirurgiens du Centre cardiologique du Nord, en Seine-Saint-Denis, lui ont enfin posé son pacemaker. Il attendait cette opération depuis un mois. Il n’en dormait plus. Il y a dix jours, lors de notre visite à son domicile, le vieil homme émacié parlait de «tracas» mais tout son corps transpirait l’effroi – son phrasé en rafale, sa démarche d’escargot, ses yeux hagards. Il confessait ne quasiment plus sortir de son appartement de Sannois, dans le Val-d’Oise, où il réside seul depuis le décès de son épouse. Comme paralysé de la tête et des jambes par ce poison qui rongeait son cœur et corrodait son souffle.
Charles Boyer souffre d’une maladie du muscle cardiaque aggravée par des troubles du rythme. L’implantation du stimulateur était prévue le 16 mars, suivie quinze jours plus tard d’une nouvelle intervention pour stabiliser la fréquence. La clinique a été contrainte de tout déprogrammer. Les hôpitaux publics voisins avaient besoin d’aide face aux malades graves de la troisième vague de Covid-19. «On a décalé ce qui n’avait pas de caractère urgentissime car on ne savait pas ce qu’on allait trouver devant nous, contextualise son cardiologue, Thierry Laperche. Aujourd’hui, on jongle à un ou deu




