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Mobilisation

Médicaments : après leur grève du 18 septembre, les pharmaciens obtiennent une concession jugée insuffisante

Les pharmaciens, qui se sont massivement mobilisés la veille, ont obtenu ce vendredi 19 septembre la diminution des baisses de prix imposées sur les génériques. Mais ils veulent que l’Etat revienne totalement sur sa décision de baisser les taux de remise.

A la manifestation du Mans (Sarthe), jeudi 18 septembre 2025. (Jean-François Monier /AFP)
Publié le 19/09/2025 à 19h46

Au lendemain d’une forte mobilisation dans la rue, les pharmaciens ont obtenu ce vendredi 19 septembre de l’Etat une réduction des baisses de prix imposées sur les médicaments génériques. Insuffisant pour les deux principales organisations du secteur, qui continuent de dénoncer un effort insupportable.

L’Etat a accepté de réduire à 198 millions d’euros l’effort de baisse des prix demandé, contre 241,5 millions d’euros jusqu’alors, a annoncé dans un communiqué l’Union de syndicats de pharmaciens d’officine (USPO), à l’issue ce vendredi d’une réunion du Comité économique des produits de santé. «Il n’en demeure pas moins qu’il s’agit d’un coup de massue pour le réseau officinal», a souligné le syndicat.

«Il est nécessaire de revoir le modèle économique des pharmacies, qui ne peut plus survivre avec de tels à-coups» dans la politique de prix des médicaments, a affirmé de son côté Philippe Besset, le président de la Fédération des syndicats de pharmaciens d’officine (FSPF).

Les mesures annoncées depuis cet été par le gouvernement (baisses de prix, mais aussi baisse des taux de remise que peuvent accorder les industriels aux pharmaciens), représentent «un impact de l’ordre de 75 millions d’euros» pour les officines françaises, a-t-il rappelé.

85 % des pharmacies fermées, selon l’USPO

Les pharmaciens se sont massivement mobilisés jeudi contre ces mesures, avec 85 % des pharmacies fermées et 15 000 manifestants dans 50 cortèges, selon l’USPO.

La baisse des prix, qui doit entrer en vigueur dès le 1er octobre, concerne 52 spécialités pharmaceutiques. Quant à l’économie réclamée sur les génériques est cette année «cinq fois supérieure» à celle habituellement demandée chaque année, selon l’USPO.

Le président de la FSPF a d’ores et déjà prévenu que les pharmaciens allaient continuer leurs actions de revendication – grève des gardes notamment – pour obtenir que le gouvernement revienne sur sa décision de baisser les taux de remise sur les génériques.

Le gouvernement cherche par tous les moyens à freiner la croissance des dépenses de santé, alors que le déficit de l’assurance maladie devrait se creuser à 16 milliards d’euros en 2025.

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