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Libération
Journal d'un système de santé en crise

«Nous serons invisibilisées jusqu’à ce que le système s’effondre» : souvent dévalorisées, les infirmières ont la parole

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Christian Lehmann est médecin et écrivain. Pour «Libération», il tient la chronique d’une société touchée par les crises sanitaires et du service public. A la veille d’une grève des soignants, il a interrogé des infirmiers et infirmières.

Mobilisation de soignants devant l'hôpital Saint-Louis à Paris, le 19 avril 2022. (Cha Gonzalez/Libération )
Publié le 02/01/2026 à 15h51

Alors que se profile, dès le 5 janvier, un mouvement de grève des médecins qui s’annonce d’une ampleur inhabituelle, vient d’être publié au Journal officiel le décret d’application d’une loi infirmière votée il y a plusieurs mois. Si ce décret reconnaît enfin le rôle propre des infirmières et leurs compétences pour une prise en charge humaine et holistique du patient, nombre d’entre elles doutent des conditions réelles de son application, la «négociation conventionnelle structurante» censée traduire ces avancées en reconnaissance et en rémunération se déroulant dans un cadre financier particulièrement contraint.

«Malgré l’inflation et la hausse des charges, nous n’avons pas été revalorisées depuis seize ans, explique Laetitia Chillaud Bévier, 44 ans, infirmière depuis dix-sept ans dans le Val-de-Marne, responsable du syndicat Onsil en Ile-de-France. Le but de cette loi infirmière est de valoriser nos compétences, mais tout ceci est soumis à des négociations conventionnelles sans cesse repoussées. Et vu le PLFSS, la Cnam propose d’augmenter not

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