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En résumé

Origine, symptômes, traitements… Qu’est-ce que la leptospirose, maladie en pleine recrudescence en Guadeloupe ?

Une vingtaine de personnes ont contracté cette infection dans le département ultramarin ces deux derniers mois. Mortelle dans sa forme la plus grave, elle est notamment transmise par les urines animales et circule aussi en métropole.

Les rats sont parmi les principaux agents contaminateurs de la leptospirose. (Sylvain Cordier/Hemis. AFP)
Publié le 07/11/2025 à 11h49

Sa propagation accélère. Rien que sur les mois de septembre et octobre, 22 cas de leptospirose ont été détectés en Guadeloupe, dont une personne est morte. Le département ultramarin fait face à une recrudescence de cette maladie, alerte l’Agence régionale de santé, avec une soixante cas au total sur l’année 2025.

Mais cette infection potentiellement grave, qui se transmet de l’animal à l’être humain par les urines, sévit aussi en France métropolitaine. Libé fait le point sur cette maladie qui touche chaque année 600 à 700 personnes sur l’ensemble du territoire, selon l’Institut Pasteur.

D’où vient la leptospirose ?

Cette maladie tire son nom des bactéries leptospires, présentes dans les urines animales, qui se retrouvent dans les réservoirs d’eau douce et les sols boueux. Elles peuvent pénétrer l’organisme humain par les blessures ou les muqueuses.

De nombreux animaux peuvent transmettre cette infection, aussi bien en ville qu’à la campagne : «principalement le rongeur, mais aussi possiblement les animaux domestiques comme le chien, le chat, les animaux d’élevage comme les bovins et les porcins», expliquait en 2024 le Dr Benjamin Dusang, président du conseil de l’Ordre des médecins de La Réunion.

On dénombre plus de cas en régions tropicales ou lors des saisons des pluies. En Guadeloupe, les phénomènes météorologiques liés à la saison cyclonique favorisent la prolifération des rongeurs, notamment des rats, et donc la propagation de la leptospirose.

Quels sont les symptômes ?

Les premiers signes de la maladie arrivent au bout de cinq à quatorze jours d’incubation. Fièvre, maux de tête, yeux rouges, douleurs musculaires et articulaires ; les symptômes sont variés et peuvent devenir extrêmement graves lorsque la maladie évolue vers une atteinte rénale, hépatique, méningée ou pulmonaire.

Dans les cas les plus extrêmes, l’infection peut être mortelle : on parle alors du syndrome de Weil. Il se caractérise par une atteinte rénale aiguë, une atteinte neurologique (convulsions, coma) et des hémorragies plus ou moins sévères. Ce syndrome entraîne une longue convalescence, et peut se révéler mortel. Sur plus d’un million de formes grave de la leptospirose chaque année dans le monde, 60 000 patients décèdent.

Comment soigner la maladie ?

Il est primordial de consulter un médecin rapidement après l’apparition des premiers symptômes pour éviter les complications. La leptospirose peut se détecter dès les premiers jours grâce à des analyses de sang ou d’urine.

Si les formes les plus modérées peuvent guérir spontanément et sans séquelles, des antibiotiques peuvent être prescrits par les médecins. Ces médicaments sont indispensables pour la prise en charge du syndrome de Weil, qui exige une hospitalisation avec parfois un passage en réanimation. Il existe également un vaccin en trois doses.

Pour éviter la contamination, l’ARS recommande de «porter des bottes, ne pas marcher pieds nus dans la boue, l’herbe, l’eau stagnante ou suite à de fortes intempéries», un lavage des mains très régulier et la limitation des activités nautiques d’eau douce comme le kayak ou le canoë aux zones contrôlées.

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