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«Pas d’éléments probants» : l’Anses exclut en l’état un lien entre les ondes des téléphones portables et le cancer

Après avoir collecté et passé au crible 250 études récentes, l’agence sanitaire française conclut mercredi 26 novembre à l’absence de risque dû à l’utilisation des téléphones, tout en appelant à la prudence, notamment à l’égard des enfants.

Selon l'Anses, l'absence de lien ne doit pas conduire à négliger d'être vigilant, en particulier auprès des enfants. (Photo/ABACA)
Publié le 26/11/2025 à 7h47

La fin d’une corrélation qui a donné lieu à d’innombrables débats ? Au vu des études scientifiques disponibles, les ondes radiofréquences auxquelles expose l’usage du téléphone portable ne causent pas le cancer, affirme l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) dans un avis publié mercredi 26 novembre. Une conclusion qui n’empêche pas l’autorité indépendante de renouveler ses conseils de prudence, en particulier pour les enfants, «face à des usages qui évoluent très vite».

«Nous nous sommes penchés sur les ondes radioélectriques, utilisées par les communications hertziennes, TV, radio, la téléphonie mobile, les objets communicants, etc, et non les basses fréquences émises par les lignes à haute tension», résume à l’AFP Olivier Merckel, chef de l’unité d’évaluation des risques liés aux agents physiques. «Il s’agit d’une question de santé publique : tout le monde y est exposé, de plus en plus jeune, avec 98 % des plus de 12 ans qui utilisent un téléphone mobile dont les technologies évoluent, la 4G, la 5G…», observe-t-il.

La quinzaine d’experts missionnés par l’Anses a passé au crible 250 travaux, les plus robustes et pertinents, insiste-t-elle, sur un millier de nouvelles études explorant l’éventualité d’un lien entre cancer et ondes radio, depuis ses expertises de 2013 sur les adultes et 2016 sur les enfants. Il en ressort que ces données scientifiques «conduisent à ne pas établir de lien de cause à effet entre exposition aux ondes et apparition de cancers», notamment cérébraux résume l’agence sanitaire. Des études expérimentales mettent bien évidence des altérations de cellules, mais celles-ci sont transitoires.

«Il ne faut pas oublier les petits signaux d’effets»

Et si chez l’animal aussi, les «éléments de preuve des effets» des ondes des téléphones portables vis-à-vis du cancer «sont limités», les études épidémiologiques chez l’humain, bien plus nombreuses qu’en 2016, «n’apportent pas d’éléments probants sur l’apparition de cancers», détaille Olivier Merckel.

«En agrégeant l’ensemble de ces données portant sur les mécanismes cellulaires, l’animal et l’humain, notre conclusion est qu’elles ne conduisent pas à établir un lien de cause à effet entre l’exposition aux ondes radio et le cancer, dit le responsable. Même s’il ne faut pas oublier les petits signaux d’effets, observés dans les études en laboratoire.»

L’Anses n’exclut cependant pas que «de futurs travaux apportent des éléments nouveaux». Le Centre international de recherche sur le cancer, une agence dépendant de l’OMS, doit réévaluer d’ici à 2029 le potentiel cancérogène des radiofréquences, qu’il avait classées cancérogènes possibles en 2011. L’Anses maintient par conséquent ses recommandations de prudence, en particulier pour les enfants, «qui sont éminemment sensibles». «Utiliser son téléphone dans des bonnes conditions de réception, utiliser un kit main libre, le haut-parleur… cela éloigne le téléphone du corps, ce qui suffit à diminuer très fortement son exposition», énumère Olivier Merckel.

Ainsi, l’agence sanitaire juge-t-elle nécessaire de maintenir «une vigilance continue et un suivi régulier» de l’exposition de la population. Le cancer n’est pas le seul risque sanitaire à surveiller. «Le groupe de travail a noté que de nombreuses publications montrent des effets des radiofréquences sur la fertilité», notamment chez les hommes. «Le système reproducteur masculin apparaît comme particulièrement sensible», pointe le rapport.

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