Si vous vous rendez chez un pédiatre, un psychiatre, ou encore un gynécologue à partir de jeudi, il y aura quelques changements sur la facture. Comme prévu dans l’accord conventionnel signé avec l’Assurance maladie en 2024, les tarifs de consultations de certains médecins spécialistes vont augmenter au 1er janvier 2026.
Sont concernés les pédiatres (+ 5 euros pour les examens obligatoires jusqu’à 2 ans par exemple, qui seront donc facturés 50 euros), les psychiatres (la majoration pour les moins de 25 ans passera de 12 à 18 euros, la consultation de référence de 55 à 57 euros), les dermatologues (+ 6 euros pour la consultation spécifique de dépistage, qui passe à 60 euros), les gynécologues, neurologues, endocrinologues, la médecine physique et de réadaptation.
Les actes techniques sont également légèrement réévalués, tout comme les actes de chirurgie et d’obstétrique.
Certains de ces tarifs auraient déjà dû augmenter dès le 1er juillet dernier. Mais la hausse avait été reportée par l’Assurance maladie après une alerte sur la dégradation de ses comptes. Ce qui avait provoqué la colère de ces professionnels de santé, jusqu’à pousser certains d’entre eux à manifester dans les rues parisiennes, aux côtés des pharmaciens et kinés, sous la bannière #SoignantsTrahis.
Consultation longue du médecin traitant
Il y aura aussi des changements à partir du 1er janvier chez les généralistes (qui ont connu une revalorisation de la consultation, de 26,50 à 30 euros en décembre 2024). Cette fois, l’évolution concerne l’entrée en vigueur de la consultation longue du médecin traitant pour les patients de plus de 80 ans. Il s’agit d’une revendication de longue date des généralistes, pour mieux prendre en charge les cas plus complexes.
Elle pourra être facturée 60 euros, une fois dans l’année, dans trois cas : si le patient consulte après être sorti d’une hospitalisation ; si la consultation vise à retirer certains médicaments lorsqu’il suit plusieurs traitements simultanément ; si elle a pour but d’ouvrir un dossier d’accompagnement social pour favoriser son maintien à domicile.
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Le 1er janvier marque aussi une refonte des forfaits directement versés par l’Assurance maladie aux médecins généralistes (qui représentent en général environ 15 % de leur rémunération totale). Les médecins traitants bénéficieront désormais d’un «forfait unique» : une rémunération annuelle pour chaque patient suivi, qui est calibrée selon son âge, son état de santé, et le cas échéant, sa situation de précarité.
Le montant socle de cette rémunération ira de 5 euros par patient âgé de 7 à 74 ans à 100 euros pour un patient en affection longue durée de plus de 80 ans. Il peut être complété par une part variable liée aux actes de prévention accomplis (une vaccination contre la grippe ou une mammographie rapportent par exemple chacun 5 euros par patient). L’âge et la situation géographique du médecin peuvent aussi pousser à la hausse de ce forfait.
Ces évolutions et revalorisations tarifaires, prévues et même reportées pour certaines, ne vont certainement pas apaiser la colère du secteur médical, qui se prépare à un mouvement de grève d’ampleur à partir du 5 janvier. 12 000 médecins libéraux ont déjà fait savoir, sur la plateforme en ligne du syndicat Jeunes Médecins, qu’ils ont l’intention d’y prendre part.




