Grande absente des rayons des pharmacies, la quétiapine ne sera pas de retour en officine de sitôt. Les approvisionnements de ce neuroleptique, prescrit pour traiter la schizophrénie, la bipolarité ou encore les épisodes dépressifs, vont rester compliqués au moins jusqu’à la fin de l’année, à cause de problèmes de production, prévient ce lundi 10 novembre l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM).
Avec des dosages pouvant aller de 50 à 800 mg par jour, la quétiapine est un médicament à libération prolongée : le principe actif se diffuse dans l’organisme de façon continue sur plusieurs heures. Un arrêt brutal du traitement peut se révéler extrêmement dangereux. «Privés de ce médicament, certains patients peuvent décompenser leur pathologie, faire des épisodes maniaques ou délirants et même avoir des pulsions suicidaires», assurait en janvier dernier à Libération le psychiatre Antoine Pelissolo, chef de service au CHU Henri-Mondor (Créteil).
Pour les posologies 300 mg et 400 mg, «la disponibilité s’améliore progressivement, grâce à la reprise graduelle des approvisionnements qui devraient continuer à arriver en pharmacie dans les semaines à venir», indique la gardienne du médicament dans un communiqué.
Alternatives insuffisantes
Cependant, «au vu des prévisions d’approvisionnement, la situation va rester tendue au moins jusqu’à la fin de l’année 2025 selon les laboratoires», ajoute l’autorité sanitaire, qui a relancé un mécanisme européen de solidarité pour recourir à des importations depuis d’autres Etats membres de l’UE. «La situation reste en revanche stable pour la quétiapine 50 mg à libération prolongée, dont la couverture des besoins reste assurée» , précise l’ANSM.
L’agence rappelle également que des préparations magistrales, élaborées en pharmacie pour des dosages en 100 et 150 mg à libération immédiate, sont toujours accessibles afin de compenser l’indisponibilité de la forme à libération prolongée. Une alternative que les patients tolèrent plus ou moins bien : «Ça ne me couvre pas toute la nuit, donc j‘ai des réveils nocturnes et le matin, je suis systématiquement angoissée», témoignait une patiente bipolaire dans nos colonnes au mois de mai.
En raison d’un problème de production, la quétiapine a subi des pénuries depuis le début de l’année, à l’instar d’autres psychotropes (sertraline, venlafaxine, rispéridone, téralithe…). Face à cette situation, l’Agence du médicament a annoncé plusieurs mesures pour gérer la situation, dont une interdiction des exportations mais surtout une restriction des prescriptions.




