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Plombant

Pollution au plomb de l’eau des écoles et des crèches : Lyon saisit la justice

Face à la lenteur des expertises, la ville et la régie publique de l’eau ont décidé de renvoyer le dossier devant le tribunal administratif.

En 2023, du plomb avait été détecté dans l’eau de plusieurs établissements lyonnais accueillant des enfants. (Photo /Getty Images)
Publié le 05/11/2025 à 15h52

Des taux anormaux de plomb avaient été découverts dans les eaux de crèches et d’écoles lyonnaises en 2023. Alors que la cause de cette pollution n’est toujours pas connue, la ville et Eau du Grand-Lyon, chargée de distribuer l’eau potable de la métropole, ont décidé de saisir le tribunal administratif, selon les informations de nos confrères du Progrès.

Cette action en justice vise à solliciter le juge des référés, afin notamment qu’il se prononce sur «l’étendue et la gravité des désordres» qui touche la municipalité. Celle-ci avait annoncé le 1er août avoir engagé un référé en expertise pour éclaircir la cause de cette pollution, restée floue malgré les travaux menés par les services municipaux. «Qu’il soit dit que l’expert devra mettre en cause, à tout moment au cours de son expertise, toutes parties dont la responsabilité serait susceptible d’être engagée à quelque titre que ce soit…» mentionne le document que s’est procuré le quotidien lyonnais.

«Protocole de prévention»

Le juge devra également statuer sur le besoin de mener des travaux en urgence dans ces six établissements qui reçoivent des enfants, dont les groupes scolaires Wangari-Maathai et Frida-Kahlo (dans le VIIe arrondissement), les crèches Montbrillant et la Ronde des colibris (IIIe), la crèche associative Escale de Nelly (VIIIe) et l’école maternelle Audrey-Hepburn (IXe).

Le phénomène touche ainsi des structures de l’est de la ville (ainsi que le IXe arrondissement), sans toutefois s’étendre, puisque selon la mairie du VIIe arrondissement, «les analyses effectuées par Eau du Grand-Lyon autour des secteurs concernés sur le réseau d’eau se sont avérées conformes au seuil autorisé».

Pour ces six établissements dont l’eau reste impropre à la consommation, un protocole a été mis en place en août. «En application de son protocole de prévention, la ville de Lyon a mis à disposition de l’eau en bouteille afin de s’assurer que les enfants aient accès à une eau respectant les normes réglementaires. Pour tous les autres usages, dont le lavage des mains, l’eau du réseau de l’école peut être utilisée», précise la municipalité sur son site internet.

Plus de 5 000 prélèvements

Un autre mystère persiste et complique l’enquête : certains locaux concernés, comme les écoles Frida-Kahlo et Audrey-Hepburn ou la crèche Montbrillant, sont neufs, et donc disposent de canalisations en très bon état. Pour ces établissements sortis de terre il y a peu, plus de 5 000 prélèvements avaient été réalisés et 6 % des points d’eau présenteraient encore des taux supérieurs aux normes, d’après des informations de la Tribune de Lyon.

Le plomb est un toxique sans seuil, c’est-à-dire que des effets s’observent quelle que soit la dose à laquelle une personne se trouve exposée. Le Haut Conseil de la santé publique rappelle d’ailleurs que pour les enfants, dès 100 microgrammes par litre dans le sang, «des effets tels que la baisse des capacités cognitives, un retard du développement psychomoteur et des troubles du comportement sont connus», sans oublier «des effets sur le développement neurologique et une perte de QI» à des niveaux d’imprégnation plus faibles.

Voulant rassurer ses administrés, le maire écologiste, Grégory Doucet, avait confirmé auprès de Lyon Capitale une «planification établie pour tester l’ensemble des écoles» dès 2020. «Nous nous positionnons en lanceurs d’alerte sur cette problématique car depuis, d’autres communes ont fait la même découverte. On espère que les autorités se saisiront sérieusement du sujet», se félicitait en mars dernier, auprès de Tribune de Lyon, l’actuel occupant de l’hôtel de ville lyonnais, candidat à sa réélection.

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