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Covid-19

Pour les soignants déjà piqués, le vaccin est «une précaution en plus de la ceinture et des bretelles»

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Si beaucoup se sentent plus tranquilles depuis qu’on leur a inoculé le vaccin contre le Covid-19, les professionnels de santé, hospitaliers comme libéraux, restent sur le qui-vive.

Lors de la vaccination du personnel du CHRU de Nancy, le 6 janvier. (Albert FACELLY/Libération)
Publié le 23/02/2021 à 11h45, mis à jour le 23/02/2021 à 16h44

Etre vaccinée ne l’a pas libérée. Il y a dix jours, la docteure Anne Gervais a reçu sa deuxième injection Pfizer mais elle se dit «toujours aussi flippée». Réminiscence de toutes ces semaines à combattre la pandémie en infectiologie à l’hôpital Bichat, le «Covidorium» comme elle le nomme ? Même deux fois piquée, l’hépatologue de 56 ans, ne relâche pas la garde : «Je mange toujours toute seule derrière mon écran d’ordinateur et je continue à faire la gueule à ceux qui vont déjeuner en groupe.» Si elle nettoie «peut-être un peu moins» les poignées de porte, c’est surtout parce qu’elle a appris que les contaminations sont sans doute «moins manuportées et plus aérosolisées qu’on ne le croyait au départ». Tout de même, la praticienne, qui «ne prend toujours pas le métro» et «laisse passer les bus trop plein», admet un petit relâchement : contrairement à son habitude, elle a négligé une fois d’ouvrir en grand la fenêtre de la salle de staff du service des maladies infectieuses. «Il faisait froid, il neigeait», se justifie la médecin hospitalière, non sans un zeste de culpabilité. «Tant que le taux de reproduction est supérieur 0,5 et que le nombre de nouveaux cas de contamination ne sera pas négligeable, je ne changerai rien à mon comportement. A l’hôpital Louis-Mourier [à Colombes, dans les Hauts-de-Seine, ndlr], on vient d’admettre en réanimation un patient réinfecté par le variant sud-africain Vacciné ou non, on

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