Et une nouvelle mesure envisagée par Emmanuel Macron qui rejoint le cimetière des promesses non tenues. Le «plan grand âge», que le Président avait souhaité dès 2018 et qui devait se concrétiser ces jours-ci est de nouveau reporté sine die. Charlotte Parmentier-Lecoq, ministre déléguée chargée des Personnes handicapées et de l’Autonomie, devait le mettre en œuvre ; mais elle a annoncé son départ du gouvernement. Elle souhaite retrouver son siège de députée, a-t-elle annoncé mercredi 4 février au couple exécutif.
Demande de «mesures fortes»
Aucune nouvelle date pour la présentation du plan, qui devait être dévoilé en janvier avant d’être reporté au 12 février, n’a été fixée. Il devait définir les réponses à apporter aux personnes en perte d’autonomie et aborder les questions de financement : qui réglera les dépenses de demain ? Quelle prise en charge individuelle ? Quelle solidarité entre les retraités ?.
Ce plan est réclamé depuis des années par les professionnels du secteur qui demandent des «mesures fortes», notamment en matière d’attractivité des métiers du soin pour les personnes âgées et un effort budgétaire à l’heure où les plus de 60 ans représentent un peu plus d’un quart de la population, 27,7 % de la population contre 19,6 % en 1994. Selon les projections démographiques et épidémiologiques, le nombre de personnes âgées en perte d’autonomie devrait, lui, atteindre près de quatre millions en 2050, contre un peu plus de deux millions en 2015.
«Ils ne pourront pas dire qu’ils ne savaient pas»
Une étude de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) publiée jeudi estime qu’il faudra entre 150 000 et 200 000 emplois supplémentaires pour faire «prodiguer des soins de base» aux personnes âgées en perte d’autonomie en 2050.
«Les prochains présidents et responsables politiques ne pourront plus dire qu’ils ne savaient pas», a réagi à l’annonce de la suspension du plan, l’Association des directeurs au service des personnes âgées (AD-PA) dans un communiqué : «Ils ne pourront plus s’exonérer d’apporter des réponses pour un présent plus digne pour les personnes âgées d’aujourd’hui et une perspective plus heureuse pour les jeunes qui seront ceux de demain».




