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Rappel de laits infantiles : la Défenseure des droits saisie par une association

Dans un courrier adressé à Claire Hédon ce vendredi 6 février, l’Association pour la santé des enfants estime que cette affaire représente une «atteinte aux droits fondamentaux des enfants et au bon fonctionnement des services publics».

Lait infantile à Quimper, le 29 janvier 2026. (Fred Tanneau/AFP)
Publié aujourd'hui à 14h41

Depuis le début de l’affaire du rappel des laits infantiles, le message est «incompréhensible», estime l’Association pour la santé des enfants. Elle a saisi ce vendredi 6 février la Défenseure des droits pour engager une enquête sur les faits. Ces rappels, à l’œuvre depuis plusieurs semaines et accélérés ces derniers jours, ont déjà donné lieu à plusieurs actions en justice. «Nous souhaitons […] vous saisir au sujet de l’affaire des laits infantiles ayant fait l’objet de multiples rappels en raison d’un risque de contamination à la toxine céréulide», écrit l’Association dans un courrier destiné à Claire Hédon.

Cette affaire représente une «atteinte aux droits fondamentaux des enfants et au bon fonctionnement des services publics», juge l’association. Fin janvier, elle demandait déjà à la justice des mesures administratives d’urgence pour un retrait plus massif de laits.

L’affaire des laits infantiles dure depuis mi-décembre. Après un premier rappel par Nestlé de dizaines de lots dans une soixantaine de pays à cause de la présence potentielle de céréulide, une cascade de rappels similaires a eu lieu dans le monde. Des industriels comme Danone ou Lactalis sont concernés, mais aussi de plus petits acteurs de ce marché en pleine croissance, comme les marques bio Popote et Babybio.

Les autorités européennes ont, début février, abaissé les seuils tolérés de céréulide, provoquant une nouvelle vague de rappels dont, notamment ce jeudi, un nombre important de produits Danone.

«Enquête approfondie demandée»

Aucun problème de santé n’a pour l’heure été directement lié à la consommation de ces laits, alors que la céréulide peut provoquer des vomissements potentiellement dangereux chez un nourrisson. Mais la France enquête actuellement sur le décès de deux bébés qui avaient consommé des produits concernés par un rappel.

«Nous demandons qu’une enquête approfondie soit menée sur les manquements possibles des autorités sanitaires et des industriels, tant dans la prévention du risque que dans l’information des familles et la prise en charge des conséquences», explique l’Association pour la santé des enfants dans un communiqué accompagnant la saisine.

L’association dénonce tout particulièrement les nouveaux retraits à la suite de l’abaissement des seuils réglementaires : «Pour les familles, le message est incompréhensible : ce qui était “sans danger” la semaine dernière ne le serait plus ce matin.»

Les actions en justice engagées en France comprennent déjà notamment une plainte de l’ONG Foodwatch et de plusieurs familles visant à la fois l’Etat et les entreprises concernées, accusées d’avoir tardé à rappeler leurs lots suspects.

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