Menu
Libération
Analyse

«Réarmement démographique» : moins d’enfants, et alors ?

Article réservé aux abonnés
Le discours d’Emmanuel Macron manifeste une préoccupation centrée sur la natalité, sans prendre en compte ni le renouvellement que peut offrir l’immigration ni les aspirations intimes des couples.
Emmanuel Macron lors d'un débat avec des enfants le 28 mars 2019 à Beaupreau-en-Mauge. (Loïc Venance/AFP)
publié le 18 janvier 2024 à 2h24

L’inquiétude est loin d’être nouvelle. Comme s’en est alarmé Emmanuel Macron mardi 16 janvier, les Français ne font pas assez d’enfants pour assurer un renouvellement de la population. Et c’est, laisse entendre le chef de l’Etat entre les lignes, un problème pour la grandeur de notre pays. La question est si cruciale que le président en appelle à un «réarmement démographique». Sur le fond, il est pourtant resté évasif, se gardant de mentionner en quoi une pénurie de bébés était une menace. «Evoquer la question du taux de natalité sans davantage expliquer pourquoi l’augmentation de la population est un enjeu, cela interroge, note Fabrice Cahen, chercheur à l’Institut national d’études démographiques. On peut se demander si ça ne sert pas à envoyer des signaux à une certaine composante de la classe politique ou électorale. La question de la natalité dans la bouche d’un dirigeant politique, ça n’est jamais une question neutre et ça engage toujours autre chose que des chiffres.»

Derrière la sortie du président pointe l’inquiétude de voir la population vieillir. Là où il faudrait théoriquement 2,1 enfants par femme pour que la population se renouvelle, les Françaises n’en font en moyenne que 1,68 en 2023. Dépasser le seuil de 2 permettrait d’assurer une pérennité de notre