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Santé mentale : près d’un adulte sur six déclare avoir vécu un épisode dépressif en 2024

Selon un baromètre de Santé publique France publié ce mercredi 12 novembre, environ 15% des 18-79 ans sont passés par une phase dépressive d’au moins deux semaines durant l’année. Des troubles qui touchent particulièrement les jeunes, les femmes et les personnes précaires.

Environ quatre personnes sur dix concernées par un épisode dépressif sévère ont déclaré n’avoir bénéficié d’aucun recours thérapeutique. (Getty Images)
Publié le 12/11/2025 à 21h45

Des résultats déprimants. Près d’un adulte sur six déclare avoir vécu un épisode dépressif en 2024, particulièrement les jeunes, les femmes et les personnes précaires, selon les résultats d’un baromètre de Santé publique France publiés ce mercredi 12 novembre. Derrière l’étiquette de «grande cause nationale», la santé mentale, en particulier celle des jeunes, ne va pas fort.

En 2024, quelque 15,6% des 18-79 ans ont déclaré avoir vécu un épisode de ce type lors des douze derniers mois – au moins deux semaines consécutives où ils se sentaient tristes, déprimées ou sans intérêt pour leur quotidien, avec d’autres symptômes et un retentissement sur les activités habituelles –, dans le cadre d’une enquête sur un échantillon d’environ 80 000 personnes dans l’Hexagone et une partie des territoires ultramarins.

Cela s’inscrit dans «une tendance à la hausse déjà amorcée en 2017 et amplifiée par les effets de la pandémie de Covid-19», note l’agence sanitaire, qui souligne aussi des disparités sociodémographiques et socioéconomiques marquées.

«Le recours aux soins reste insuffisant»

Ainsi, les 18-29 ans apparaissent plus concernés (22%), comme les femmes (18% contre 13% des hommes), les chômeurs (25%), les étudiants (22%), les télétravailleurs (17,2%), les personnes vivant seules (19%) ou en famille monoparentale (21%). La gravité des épisodes déclarés est plus forte chez les femmes et les 18-59 ans, avec un pic chez les 40-49 ans.

«Pour l’ensemble de la population, le recours aux soins reste insuffisant», observe Santé publique France : environ quatre personnes sur dix concernées par un épisode dépressif sévère ont déclaré n’avoir bénéficié d’aucun recours thérapeutique. C’est plus de la moitié des actifs parmi les agriculteurs, artisans, commerçants, chefs d’entreprise et ouvriers. Le médecin généraliste apparaît comme le premier recours, en particulier pour les femmes et en cas d’épisode dépressif sévère.

Si les résultats ne montrent pas de disparités régionales majeures, l’Ile-de-France affiche une proportion d’épisode dépressif dans l’année significativement plus faible (environ 14,7%), l’Occitanie et La Réunion plus élevées (17,7% et 18,3% respectivement).

«Grande cause nationale»

Pour «libérer la parole et lutter contre la stigmatisation des personnes concernées par un trouble psychique» en «montrant que nous sommes tous concernés», Santé publique France et le ministère de la Santé ont lancé dimanche une campagne de communication, qui sera diffusée jusqu’au 10 décembre en ligne, à la radio et la télévision. En cas de détresse ou d’idées suicidaires, des professionnels sont joignables gratuitement en permanence au numéro de prévention 31 14, rappelle aussi Santé publique France.

Dans le cadre de sa «grande cause nationale» 2025, le gouvernement a dévoilé en juin un plan pour mieux repérer et soigner les troubles psychiques et rendre plus attractive la psychiatrie publique. Sans convaincre nombre de soignants qui ont regretté des mesures et des moyens financiers insuffisants.

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