Alors qu’à Paris, les députés débattent sur le budget de l’Etat pour 2026, Sébastien Lecornu s’est rendu 600 kilomètres plus au sud, à Albi (Tarn). Le Premier ministre a profité de la clôture des Assises nationales des départements de France ce vendredi 14 novembre pour dérouler des annonces. Parmi elles, l’intention de réformer «en profondeur» les agences régionales de santé, ces structures installées en 2010 pour organiser la politique de santé dans les territoires, piloter l’offre de soins. Et régulièrement critiquées pour leur verticalité, lenteur bureaucratique et éloignement du terrain.
«Comment peut-on expliquer que la planification des soins de proximité soit encore gérée par une agence régionale, là où les conseils départementaux», qui «ont accompli ces dernières années les maisons pluridisciplinaires de santé, peuvent le faire ?» s’est interrogé Sébastien Lecornu devant un parterre d’élus et plusieurs ministres.
Le chef du gouvernement aimerait plutôt «affirmer la part régalienne du sanitaire, les analyses de l’eau, la gestion des grandes épidémies» et «permettre aux préfets d’en être responsables». La piste d’une refonte des ARS a été avancée en juillet dans les conclusions d’une commission d’enquête de l’Assemblée nationale, tandis qu’un rapport sénatorial a prôné ni plus ni moins que leur suppression.
Fonds de sauvegarde doublé
L’ancien président du conseil départemental de l’Eure, d’ailleurs toujours membre de cette assemblée, a aussi annoncé des mesures pour améliorer la situation financière des départements. «Le gouvernement déposera un amendement» dans le budget 2026 «pour multiplier par deux le fond d’urgence», a déclaré Sébastien Lecornu. De quoi le porter de 300 à 600 millions d’euros.
Le Premier ministre a également «donné mandat aux ministres pour rouvrir le dossier du Dilico», un dispositif très critiqué de mise en réserve des recettes fiscales, faisant droit aux revendications des collectivités. Le président des départements de France, François Sauvadet (UDI), s’en dit satisfait : «J’ai demandé [au Premier ministre] d’arrêter de charger la barque des départements […], ça nous permettra d’avoir la tête hors de l’eau»
Ces collectivités alertent depuis trois ans sur le risque d’asphyxie financière qui les guette. Elles sont prises en tenaille sous l’effet conjoint de la chute de leurs recettes issues des transactions immobilières et de l’explosion de leurs dépenses sociales.




