Des flying toubib, version terroir. Ce jeudi, à 8 h 15, sur le tarmac de l’aéroport Dijon-Longvic, ils seront sept médecins – un cardiologue, un chirurgien thoracique, un gynécologue, un spécialiste de la médecine nucléaire, un orthopédiste et deux généralistes – à monter à bord du Pilatus 8 places qui va désormais assurer la liaison aller-retour avec Nevers dans la journée, une fois par semaine. Une petite victoire pour le maire et président du conseil de surveillance de l’hôpital de Nevers, Denis Thuriot, à l’origine du lancement de cette navette aérienne à ses yeux nécessaire pour attirer plus de praticiens sur son territoire enclavé et médicalement sous doté, qui a répondu à Libération.
Data
Créer une liaison aérienne pour faire venir sept médecins un jour par semaine à Nevers, n’est-ce pas un peu disproportionné ?
Non, c’est à la mesure des difficultés d’accès à la santé que rencontrent les Nivernais. L’hôpital de Nevers souffre d’un manque structurel de médecins et de paramédicaux. On n’arrive pas à fixer les soignants sur place. Une vingtaine de praticiens viennent chaque mois de Dijon pour nous aider. Mais il en faudrait le double pour que l’hôpital, et notamment les blocs opératoires, fonctionne à plein régime. Or tous les soignants le disent : le principal frein à leur venue, c’est le temps de trajet. Nevers-Dijon, c’est 186 km de route départementale. En voiture, il faut 2 heures 40 pour venir, c’est insupportable. Et cela empêche de rentrer chez soi le soi