Chaque mot lui fait «l’effet d’une gifle». Leïla fait défiler les tweets. Elle ne supporte plus de «voir autant de gens dire que les victimes de violences gynécologiques exagèrent». En 2014, dans un hôpital parisien, une interne en médecine lui a «enfoncé une sonde dans le vagin» par surprise, pour procéder à une échographie. Leïla avait pourtant refusé l’examen. «Je lui ai dit en pleurant que j’avais mal, que je voulais qu’elle arrête, j’ai tenté de repousser sa main. Mais elle m’a dit d’arrêter d’exagérer et a continué.» Alors, quand Leïla lit une énième fois que ce qu’elle et d’autres ont vécu n’est pas une violence, elle ne peut plus retenir ses larmes. «C’est comme crier dans le vent sans qu’on nous entende. Je sais faire la différence entre un examen douloureux et une violence sexuelle.»
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Consentement indispensable
Nolwenn (1) a 40 ans. Aujourd’hui chargée de communication à Rennes, elle se souvient encore de sa toute première consultation chez une gynécologue en Bretagne. A l’époque, elle n’est «pas active sexuellement». Elle vient seulement pour obtenir une pilule contraceptive, obligatoire dans le cadre de la prise du traitement Roaccutane, un médicament contre l’acné. En quelques minutes, elle se retrouve complètement nue, les pieds dans les étriers. «Elle m’a fait une palpation des seins, un toucher vaginal et un toucher rectal.




