Chaque année, le constat est le même : la sécurité pourrait être améliorée. Dès l’ouverture de la saison de la chasse, au mois de septembre, les articles évoquant des accidents graves se multiplient dans la presse locale. Le 11 novembre, une petite fille de 10 ans a reçu une cartouche dans la cuisse, au cours d’une battue de sangliers dans les Côtes-d’Armor. Le 23 novembre, un joggeur a été blessé par balles dans le Vaucluse. D’après le bilan hebdomadaire réalisé par la Fédération départementale des chasseurs des Ardennes, la saison 2025-2026 compte pour le moment 29 accidents, dont deux mortels – des chasseurs. En 2024-2025, onze morts avaient été recensés par l’Office français de la biodiversité (OFB), (contre 6 les deux saisons précédentes), et tous concernaient des pratiquants de la chasse.
A lire aussi
Face à cette situation et à l’issue de travaux parlementaires, le sénateur Patrick Chaize (Les Républicains) a déposé le 5 novembre une proposition de loi visant à «améliorer la sécurité de la pratique de la chasse». Malgré une baisse constante des incidents au cours des vingt dernières années, l’élu constate «que deux tiers des accidents s’expliquaient par des fautes graves enfreignant les règles élémentaires de sécurité et qu’il y avait une réelle possibilité de progression». Loin d’être calomniés, les chasseurs seraient en réalité les principaux bénéficiaires de ces mesures, souligne le sénateur : «Ceux-ci sont en effet concernés au premier chef, huit à neuf victimes sur dix, en moyenne, étant des chasseurs.»
Formation aux premiers secours, gilet fluo et sanctions
Dans le détail, le texte propose de renforcer les sanctions envers les chasseurs ayant des «comportements dangereux», l’obligation de se former aux premiers secours pour pouvoir candidater au permis de chasse, le port d’un gilet fluorescent «pour toutes les actions de chasse à tir collectives», ou encore l’interdiction du tir vers des zones dangereuses (voies de circulation, habitations). «La sécurité est en réalité une question de crédibilité et de confiance entre chasseurs et non-chasseurs, et peut-être même une condition pour que cette activité ait un avenir et conserve son ancrage populaire», appuie Patrick Chaize dans le texte. De quoi consolider les mesures timides qui avaient été prises par l’ancienne secrétaire d’Etat à l’Ecologie, Bérangère Couillard, en 2022. La proposition de loi laisse néanmoins de côté deux mesures polémiques : l’instauration d’une demi-journée sans chasse et l’obligation d’un certificat médical annuel.
Reportage
En parallèle, l’OFB relance pour la cinquième année consécutive une opération nationale de sensibilisation et de contrôles sur le respect des règles de sécurité à la chasse, du 29 novembre au 14 décembre. L’an dernier, 1 700 inspecteurs de l’environnement avaient été déployés sur le territoire national et avaient contrôlé en trois semaines près de 10 000 chasseurs. «214 infractions ont été relevées», notamment sur l’«absence de signalisation des battues» ou encore «le transport à bord d’un véhicule d’une arme de chasse non démontée ou déchargée». Une campagne qui se veut avant tout pédagogique envers les chasseurs, afin de diminuer le nombre d’autoaccidents, qui représentent plus de 30 % des accidents de chasse.




