Menu
Libération
Année noire

Sécurité routière : la mortalité routière en hausse, avec plus de 3 500 victimes en 2025

Le bilan de l’Observatoire national, rendu public ce vendredi, présente un ensemble d’indicateurs au rouge. Le ministère de l’Intérieur pointe notamment la responsabilité du protoxyde d’azote, sans cependant avancer de données chiffrées.

Dans l'Aveyron, en 2019. En tout, 3513 personnes ont perdu la vie sur les routes françaises en 2025. (Balint Porneczi/Bloomberg. Getty Images)
Publié le 30/01/2026 à 12h59

La mortalité routière continue d’augmenter en 2025 avec 3 260 tués en France métropolitaine (+ 2,1 %) et 253 dans les outre-mers (+ 6 %), annonce ce vendredi 30 janvier la Sécurité routière. Après une année 2024 à 3 193 décès, les routes de l’Hexagone ont ainsi fait 67 victimes de plus l’an dernier, ce qui confirme une hausse observée depuis 2023, après quelques années d’un mieux dû en grande partie aux mesures de restriction prises durant la pandémie de Covid-19. Les indicateurs sont également au rouge concernant les blessés graves, dont le nombre est estimé à 16 600, en augmentation de 4 %, selon le bilan provisoire de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR).

Au total, ce sont «3 513 vies perdues» et «autant de familles brisées» sur l’ensemble du territoire national, déplore la ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur, Marie-Pierre Vedrenne, dans un communiqué. Dénonçant une «réalité inadmissible», la ministre pointe du doigt l’alcool et les stupéfiants, notamment le protoxyde d’azote, «un fléau que le gouvernement a érigé en priorité d’action» et qui cause de «trop nombreux» accidents, affirme-t-elle. Cependant, la part des morts due à son usage n’apparaît pas dans le rapport de l’ONISR, et la Sécurité routière confirme auprès de Libération que celle-ci n’est «pas quantifiée». Pour l’Observatoire, le constat dressé par la ministre repose sur «des accidents observés par les forces de l’ordre avec des faisceaux d’indices ou des aveux de consommation»

Plus d’enfants tués

Dans le détail des modes de déplacement, les occupants de voitures de tourisme représentent toujours la part majoritaire des victimes (48 %) avec 1 563 tués (+ 45). Mais la hausse est particulièrement brutale pour les nouvelles mobilités. La mortalité des utilisateurs d’«engins de déplacement personnel motorisés», telles les trottinettes électriques, explose avec 80 morts, soit 35 de plus qu’en 2024. Les usagers vulnérables traditionnels sont aussi plus touchés : 501 piétons (+ 45) et 234 cyclistes (+ 10) ont perdu la vie. Seule amélioration notable : la mortalité des deux-roues motorisés recule, avec 691 tués (-29).

L’analyse démographique révèle en outre une rupture inquiétante chez les mineurs, alors que la mortalité des jeunes adultes (18-24 ans) baisse légèrement. Le nombre d’enfants entre 0 et 13 ans tués augmente (+ 12 morts), tout comme celui des adolescents de 14 à 17 ans (+ 41).

Dans la même rubrique