Nao est attablé dans un café parisien. Tee-shirt bleu foncé et jean noir, le musicien de 28 ans porte les cheveux longs. Il commande un expresso, se présente, puis s’interrompt, ému : «Cela fait très longtemps que je n’ai pas raconté cette histoire.» Originaire du sud de la France, Nao arrive à Paris en 2014 pour ses études et prend peu à peu conscience de sa transidentité. Deux ans plus tard, il entreprend une transition MtF (de l’anglicisme Male to Female, homme à femme) sociale et médicale. «Une partie de moi avait des doutes et savait que ce n’était pas tout à fait ce qu’il me fallait sur le long terme, mais mon but était juste d’aller mieux.»
Accès aux traitements sous conditions
Pendant quatre ans, Nao vit en tant que femme trans, mais toujours avec «un sentiment de malaise». «Je sentais que le problème de fond n’avait pas été résolu.» En 2020, juste avant son opération de réassignation sexuelle (une vaginoplastie), Nao annule le rendez-vous avec le chirurgien. «J’ai pris conscience que cela ne correspondait pas à un malaise profond dans mon genre, mais à une fuite de mes problèmes», explique-t-il. Il arrête son traitement hormonal, déféminise son prénom et débute ce qu’on appelle une détransition ou retransition – c’est-à-dire le processus qui stoppe complètement ou temporairement son changement de genre.
Et il n’est pas le seul dans ce cas. Julie, 22 ans, étudiante au Mans, a débuté sa transition FtM (femme à homme) en août 2018 avant de se voir prescrire un traitement ho