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Smic, prix de l’énergie, MaPrimeRénov’, congés de naissance… Tout ce qui change à partir du 1er janvier 2026

De la consommation à la santé en passant par le logement, de nombreuses évolutions réglementaires vont intervenir à compter de jeudi. «Libé» fait le tour de ces nouveautés.

A partir de ce 1er janvier 2026, le smic est revalorisé de 1,18 %. (Jean-Marc Barrere/Hans Lucas.AFP)
Publié le 31/12/2025 à 8h25

En ce premier jour de 2026, la traditionnelle flopée de changements administratifs et légaux va entrer en vigueur. Si nombre d’entre eux consisteront en des hausses de tarifs, de nouvelles réglementations vont aussi modifier les habitudes des Françaises et des Français. Libé fait le point sur ces changements.

Le smic et des minima sociaux revalorisés

A partir de ce 1er janvier, le smic est revalorisé de 1,18 %. Une augmentation purement mécanique, afin de préserver le pouvoir d’achat des salariés concernés. Mais pour cette année, aucun coup de pouce supplémentaire comme cela avait été le cas depuis 2012. Résultat : le smic horaire brut passe de 1 801,80 à 1 823,03 euros brut par mois, et de 11,88 à 12,02 euros brut de l’heure. Un salarié rémunéré au smic et travaillant à temps plein pourra ainsi percevoir 17 euros net en plus par mois.

En parallèle, les pensions de retraite et les minima sociaux seront eux aussi augmentés, contrairement à ce qui avait au départ acté dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026. Pas de gel des pensions, mais une revalorisation selon la règle légale d’indexation sur l’inflation à hauteur de 0,9 % au 1er janvier.

Les prix de l’essence vont légèrement augmenter

Alors que les tarifs à la pompe sont au plus bas depuis plus de trois ans – le litre de super SP95-E10, l’essence la plus vendue, se monnaye ces jours-ci à 1,5992 euro – les stations-service françaises vont connaître un petit renchérissement des prix en ce début d’année. Les pétroliers français ont en effet averti fin novembre que les carburants augmenteraient de 4 à 6 centimes le litre, conséquence de l’évolution du dispositif des certificats d’économie d’énergie.

Car ce dispositif créé en 2005, qui repose sur le principe du pollueur-payeur, oblige les fournisseurs d’énergie à financer des actions de réduction de la consommation d’énergie et d’amélioration de l’efficacité énergétique – une obligation revue à la hausse par le gouvernement à compter du 1er janvier. La répercussion de cette hausse sur les prix à la pompe devrait s’étaler sur les quinze premiers jours de janvier.

Une hausse pour l’abonnement au gaz

Malgré une baisse du prix du kilowattheure, la facture pour les consommateurs de gaz va s’alourdir à partir de jeudi. Le prix de l’abonnement au gaz va ainsi augmenter de plus de 13 euros pour l’année 2026, rapporte la Commission de régulation de l’énergie. La raison : la mise en place de certificats d’économies d’énergie. Et qui, de fait, se répercute sur les tarifs imposés aux clients.

Les consultations de médecins spécialistes libéraux plus chères

Les cabinets médicaux sont aussi touchés par les évolutions de ce début d’année. En particulier les factures adressées à l’Assurance maladie : les tarifs de consultations de certains médecins spécialistes vont augmenter de quelques euros. Sont concernés les pédiatres, les psychiatres, les dermatologues, les neurologues, les gynécologues médicaux, les endocrinologues et les spécialistes en médecine physique et de réadaptation. Ces revalorisations étaient prévues dans l’accord signé entre les syndicats et l’Assurance maladie en 2024.

Les prix des timbres et colis augmentent

A partir de jeudi, les tarifs postaux augmenteront en moyenne de 7,4 %. Le prix de la lettre verte passera ainsi de 1,39 euro à 1,52 euro, tandis que les tarifs des Colissimo, toutes destinations confondues, augmenteront en moyenne de 3,4 %. Le tarif de l’e-lettre rouge augmentera lui de 11 centimes. Ces ajustements tarifaires sont effectués afin «d’assurer la pérennité du service universel postal avec une qualité élevée dans un contexte de baisse continue du volume du courrier», assure La Poste.

Les paquets de cigarette flambent

Des Camel et des Winston à 13 euros, et des Marlboro à 13,50 euros. Le prix de certains paquets de cigarettes, la plupart de marques premium, va être revu à la hausse ce 1er janvier. Avec des augmentations pouvant atteindre jusqu’à 50 centimes. La liste entière est disponible sur ce site.

A l’annonce fin 2023 du programme national de lutte contre le tabagisme 2023-2027, le gouvernement prévoyait un prix du paquet de cigarettes de minimum 13 euros courant 2026. Le document publié a finalement retenu l’objectif d’un paquet à 13 euros en 2027.

Le dispositif MaPrimeRénov’ suspendu

Faute de budget adopté par le Parlement avant la fin de l’année 2025, le guichet du dispositif d’aide à la rénovation énergétique MaPrimeRénov’ est suspendu à partir de ce premier jour de l’année 2026. «Je l’avais dit : pas de budget, pas de guichet», a lancé le ministre du Logement Vincent Jeanbrun le 21 décembre. Avant de confirmer le coup dur pour le dispositif : «On espérait pouvoir redémarrer sur les chapeaux de roues en janvier, en ayant bien dimensionné tout le dispositif, mais effectivement avec une loi spéciale, ça ne sera pas possible, donc on ne pourra pas rouvrir le guichet.»

De fait, 85 000 dossiers en attente de traitement ne seront pas validés pour le moment. Cela avait déjà été le cas au début puis dans le courant de l’année 2025.

Le calcul du DPE évolue

Une modification dans le calcul du diagnostic de performance énergétique pour favoriser les logements chauffés à l’électricité. Au 1er janvier 2026, l’électricité sera moins pénalisée dans ce calcul et sera alignée sur le standard européen, explique le site du gouvernement. Avec cette réforme, 700 000 logements considérés comme des «passoires thermiques», sur les plus de 5 millions que compte la France, verront leur étiquette G ou F s’améliorer.

Le congé de naissance voit le jour

Il va venir s’ajouter aux congés maternité (seize semaines), paternité (vingt-huit jours) et d’adoption existants. En ce début d’année, un congé supplémentaire baptisé «congé de naissance» sera accordé aux deux parents lors de la naissance ou l’adoption d’un enfant. Et même si le gouvernement a reporté son entrée en vigueur à juillet 2026, les parents d’enfants nés ou adoptés entre le 1er janvier et le 31 mai pourront tout de même en bénéficier.

D’une durée d’un ou de deux mois selon le choix de chacun, il pourra être pris simultanément ou en alternance avec l’autre parent. Il sera également possible de le fractionner en deux périodes d’un mois.

Le contrôle technique durci

Le gouvernement serre la vis. Tous les véhicules qui passeront au contrôle technique à partir du 1er janvier seront vérifiés afin de savoir s’ils sont dotés d’un airbag Takata classé «stop drive», qui implique de ne plus rouler. Si c’est le cas, une réparation puis une contre-visite seront alors obligatoires pour avoir le droit de circuler – comme pour les défauts les plus graves, tels que l’absence de freinage ou de rétroviseurs. Aujourd’hui, 1,3 million d’automobiles sont toujours en circulation malgré un dispositif défectueux.

De nouvelles plaques d’immatriculation roses

Parmi leurs voisines blanches, elles seront très reconnaissables, et c’est là tout l’objectif. A partir de jeudi, des nouvelles plaques d’immatriculation spécifique de couleur rose vont faire leur apparition «pour mieux identifier les véhicules avec immatriculations provisoires», selon la délégation interministérielle à la sécurité routière. Elles permettront de faciliter le travail des forces de l’ordre dans la lutte contre la fraude.

Ces plaques – environ 400 000 – seront installées sur les véhicules «neufs avant immatriculation définitive», ceux «immatriculés à l’étranger en attente d’une immatriculation française» ou encore «des professionnels faisant l’objet d’essais sur route». Elles s’ajouteront aux plaques vertes (diplomatiques) et rouges (pour les véhicules avant exportation).

Des produits contenants des Pfas interdits dans les cosmétiques et les skis

Une étape supplémentaire pour bannir les substances chimiques per et polyfluoroalkylées du quotidien des Françaises et des Français. A partir de jeudi, la «fabrication, l’importation, l’exportation et la mise sur le marché» de trois catégories d’articles de grande consommation contenant des Pfas, ces polluants éternels, seront bannies. Il s’agit des produits cosmétiques, du fart pour les sports d’hiver (produit gras appliqué sur la semelle d’un ski ou d’un snowboard pour améliorer les sensations de glisse) et enfin des textiles d’habillement (chaussures comprises).

Les dons en ligne à déclarer

A compter de jeudi, certains dons entre particuliers, de sommes d’argent «inhabituels» et d’objets de valeur (bijoux, objets d’art ou de collection) devront obligatoirement être déclarés par le bénéficiaire du don, même si celui-ci a été réalisé avant 2026. Une démarche à réaliser en ligne sur le site des impôts, ou via un formulaire papier.

La déclaration de don «ne s’applique donc pas aux petits cadeaux faits entre proches (argent de poche, étrennes de Noël, cadeaux offerts lors d’occasions particulières comme un anniversaire, un mariage ou l’obtention d’un diplôme, etc.)», détaille le site du gouvernement. Tous les cas particuliers sont répertoriés sur ce site.

Un nouvel examen civique pour les étrangers souhaitant s’installer en France

Les conditions pour obtenir une carte de séjour pluriannuelle, une carte de résident ou la naturalisation française se durcissent. A partir du 1er janvier, «les résidents étrangers ressortissants de pays non-membres de l’Union européenne» devront réaliser un «examen civique» pour l’un de ces titres. Ce QCM, constitué de 40 questions à compléter en quarante-cinq minutes, vise à «renforcer la maîtrise du français et des valeurs républicaines pour les personnes souhaitant s’établir durablement en France», selon le gouvernement.

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