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Solde naturel négatif, 69 millions de Français, unions en hausse : les cinq chiffres à retenir du bilan démographique de l’Insee

L’Institut national de la statistique et des études économiques a publié ce mardi 13 janvier ses dernières données sur l’évolution de la population française. La baisse des naissances se poursuit.

En 2025, l’Insee recense 251 000 mariages, dont 7 000 entre personnes de même sexe. (Nicolas Guyonnet/Hans Lucas)
Par
Zoé Fraslin
Publié le 13/01/2026 à 13h25

Du jamais-vu depuis 1945. Ce mardi 13 janvier, l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) a publié les chiffres démographiques de la France pour l’année 2025. Sans surprise, le nombre de naissances poursuit sa baisse et, pour la première fois depuis plus de quatre-vingts ans, il devient inférieur à celui des décès.

Un solde naturel négatif d’environ 6 000 personnes…

Si ce solde naturel était déjà négatif en France hexagonale en 2024, c’est la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale que l’ensemble du territoire français comptabilise plus de décès que de naissances. Concrètement, cela correspond à 645 000 naissances en 2025 – soit une baisse de 2,1 % par rapport à l’année précédente – contre 651 000 décès.

L’Insee observe une baisse continue de ce solde naturel depuis 2007. Cette tendance s’est accentuée durant la crise sanitaire et, selon la responsable de l’unité des études démographiques et sociales de l’institut, Sylvie Le Minez, elle devrait se poursuivre dans les années à venir. Pour autant, la France s’aligne avec les autres pays de l’Union européenne puisque sur les 27 Etats membres, seuls sept disposaient d’un solde naturel positif en 2024 – date des derniers chiffres disponibles (portés par le trio Irlande, Chypre et Luxembourg).

… mais une population en hausse de 0,25 %

Avec 69,1 millions d’habitants (66,8 millions en France hexagonale et 2,3 millions dans les cinq départements d’outre-mer), la population française continue d’augmenter, mais à un rythme plus lent que les années précédentes. Cette progression s’explique principalement par la hausse du solde migratoire, qui prend en compte les entrées et sorties des personnes d’origine française comme étrangère. Bien que les chiffres définitifs pour 2025 ne soient attendus qu’au printemps, l’Insee l’estime à plus de 176 000 personnes. Selon les données de 2024, avec 15 % de la population européenne, la France occupe ainsi la deuxième place démographique au sein de l’UE, derrière l’Allemagne qui pèse pour 19 % de la population de l’UE.

Les femmes vivent en moyenne 5,6 ans de plus que les hommes

L’écart entre les genres en matière d’espérance de vie continue de s’atténuer puisqu’il était de 7,1 ans en 2005 et de 8,1 ans en 1995. A la naissance, les femmes peuvent espérer vivre 85,9 ans, tandis que l’espérance de vie des hommes est de 80,3 ans. Dans les deux cas, ces moyennes sont historiquement les plus élevées et s’expliquent en partie par une amélioration des conditions de vie.

Par ailleurs, en 2026, les personnes âgées de 65 ans et plus représentent 22,2 % de la population française, presque autant que les moins de 20 ans, qui constituent 22,5 %. En comparaison, en 2006, un quart des Français avait moins de 20 ans et seulement 16 % avaient 65 ans ou plus. A l’échelle de l’Union européenne, c’est l’Italie qui possède la population la plus vieillissante avec 24,3 % de 65 ans et plus.

Le nombre moyen d’enfants par femme diminue pour atteindre 1,56

Dans la continuité des années précédentes, l’indicateur conjoncturel de fécondité poursuit sa baisse, tant chez les femmes que chez les hommes, pour lesquels il est identique. Si l’Insee calcule cet indicateur chez les hommes de 18 à 60 ans depuis plusieurs années, il souhaite le mettre en avant cette année. «Nous ne voulons pas faire reposer cette baisse sur les femmes uniquement puisque c’est une décision de couple», explique Sylvie Le Minez. Là encore, il faut remonter à la fin de la Première Guerre mondiale pour observer un taux aussi bas. Concernant l’âge de l’accouchement du premier enfant, il continue d’augmenter et s’élève désormais à 34,1 ans chez les hommes contre 31,2 pour les femmes.

Avec une augmentation de 1,4%, les unions ont la forme

En 2025, l’Insee recense 251 000 mariages, dont 7 000 entre personnes de même sexe (2,9 % du total). En 2024, 197 000 pacs (pacte civil de solidarité) ont été enregistrés, dont 10 400 entre personnes de même sexe (5,6 %). Après un rebond de 2,7 % l’an dernier, les mariages continuent d’augmenter, avec + 1,4 % cette année. «On s’attendait à un rattrapage progressif par rapport aux années de pandémie, indique Sylvie Le Minez. Mais on s’aperçoit que ça va au-delà.» Depuis 2010, une baisse était observée tant du côté des mariages que pour les pacs. Un potentiel regain d’intérêt, notamment pour les mariages, que l’institut entend surveiller dans les années à venir.

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