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Transports : un plan national de prévention de violences sexistes et sexuelles en préparation

Le gouvernement compte présenter d’ici au 8 mars un dispositif mettant l’accent «sur le renforcement des systèmes d’alerte dans les transports partout en France», a annoncé ce mardi 9 décembre la ministre déléguée chargée de l’Egalité femmes-hommes.

En 2024, 3 374 victimes de violences sexuelles dans les transports en commun ont été enregistrées dans toute la France par les services de police et de gendarmerie nationales, soit 6% de plus qu’en 2023. (Henrique Campos/Hans Lucas. AFP)
Publié le 09/12/2025 à 12h35

«Les transports en Ile-de-France comme partout dans notre pays ne seront plus un lieu de menace», a promis Aurore Bergé ce mardi 9 décembre. En ce sens, la ministre déléguée chargée de l’Egalité femmes-hommes a dévoilé un attirail de mesures, qui s’inscrivent dans un plan national de prévention contre les violences sexistes et sexuelles. Systèmes d’alerte, lien avec les forces de l’ordre, formation… Le dispositif dans son intégralité devrait être présenté le 8 mars, date de la Journée internationale des droits des femmes.

«Une société digne de ce nom protège les femmes dans l’espace public», a souligné Aurore Bergé, qui s’exprimait au conseil régional d’Ile-de-France, à l’occasion d’une journée de mobilisation dédiée à la sécurité des femmes dans les transports organisée par la région et par Ile-de-France Mobilités.

Une formation obligatoire pour les agents

Le plan du gouvernement, qui sera «construit avec les opérateurs, les régions, les associations», mettra l’accent sur la prévention de ces violences et sur le renforcement des systèmes d’alerte dans les transports partout en France. Selon les déclarations de la ministre, il comprendra notamment le développement d’un «système d’alerte unifié» avec «bouton d’appel rapide dans les applications» et d’un «canal unique de transmission d’information entre opérateurs et forces de l’ordre».

Une attention particulière sera portée à la sensibilisation de tous les employés. «Chaque agent en contact avec le public […] sera formé à reconnaître, comprendre, accompagner les victimes», a également promis Aurore Bergé, assurant que «cette formation ne sera pas un module optionnel».

Le gouvernement contre l’idée de wagons réservés aux femmes

La ministre souhaite également «accélérer la féminisation des métiers du transport», via notamment les parcours de formation et les programmes de mentorat car «chaque femme agente, conductrice, cheffe de ligne, directrice sûreté est un repère».

En revanche, Aurore Bergé s’est prononcée contre l’idée de créer des wagons réservés aux femmes, une idée qui a récemment resurgi dans le débat public. Après l’émotion provoquée par la tentative de viol le 16 octobre d’une jeune Brésilienne dans le RER C, deux pétitions ont circulé sur le sujet. «C’est instaurer une forme de ségrégation», qualifiant cette réponse de «capitulation», a estimé Aurore Bergé.

Une hausse de 6 % du nombre de victimes d’une année sur l’autre

En 2024, 3 374 victimes de violences sexuelles dans les transports en commun ont été enregistrées dans toute la France par les services de police et de gendarmerie nationales, soit 6 % de plus qu’en 2023 et 86 % de plus qu’en 2016, selon une étude publiée en mars par l’observatoire de la Mission interministérielle pour la protection des femmes (Miprof).

Les femmes restent les principales cibles : elles représentent 91 % des victimes selon l’enquête du Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) citée par l’Observatoire.

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