Près d’une agence immobilière sur deux accepte ou facilite encore les discriminations raciales dans l’accès au logement, selon une enquête menée auprès de 198 établissements et publiée dimanche 25 janvier par SOS Racisme.
Cette étude «met en évidence une inquiétante permanence de pratiques discriminatoires pourtant prohibées par le droit pénal», a dénoncé l’association dans un communiqué. Car depuis la précédente édition de l’enquête, parue en 2022, rien n’a changé. Lors de la précédente campagne de testing, 51,5 % des 136 agences sollicitées avaient refusé toute discrimination et 48,5 % acceptaient ou facilitaient des demandes discriminatoires (avec 25 % d’acceptation directe et 23,5 % de complicité). Dans un courrier adressé aux députés, le président de SOS Racisme, Dominique Sopo, les appelle à «parler haut et fort» contre les discriminations et «agir contre les ruptures d’égalité».
Pour réaliser son étude, l’association SOS Racisme a contacté 198 agences immobilières appartenant à de grandes enseignes et au réseau de la Fédération nationale de l’immobilier (Fnaim). Les militants se sont fait passer pour des propriétaires souhaitant mettre leur bien en location, en demandant exclusivement des profils «européens» pour éviter des «problèmes de voisinage». Résultat, près de la moitié (96, soit 48,48 %) ont accepté soit de discriminer en sélectionnant elles-mêmes les locataires sur la base d’un critère racial (pour 48, soit 24,24 %), soit d’être complices de discrimination (48 aussi, qui ont permis ou encouragé que le propriétaire fasse cette sélection), selon le rapport, dévoilé par le Parisien. Au total, seules 102 agences (soit 51,52 %) ont refusé de discriminer et ont clairement affirmé leur opposition à toute sélection fondée sur l’origine.
«Le chemin est encore long»
«Le rapport de SOS Racisme montre que le chemin est encore long», a souligné Aurore Bergé, dans un entretien au Parisien, rappelant à toutes fins utiles que «la discrimination est illégale». La ministre déléguée chargée de la Lutte contre les discriminations a annoncé la mise en place d’une formation obligatoire sur les discriminations pour tous les agents immobiliers. Un décret sera signé «dans les toutes prochaines semaines, avec le ministre du Logement», Vincent Jeanbrun, a-t-elle indiqué.
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Actuellement, une formation est obligatoire uniquement pour les détenteurs d’une carte professionnelle, soit moins de la moitié des agents. Un dispositif «insuffisant», juge Aurore Bergé, «car seuls ceux qui sont déjà convaincus s’en emparent».
De son côté, le président de la (Fnaim), Loïc Cantin, ne s’est pas montré surpris des résultats de l’enquête. Elle ne fait, selon lui, «que confirmer des tendances déjà constatées, que la Fnaim a condamnées». «C’est un véritable fléau», a-t-il ajouté, estimant que «pour avoir une profession qui soit au niveau de ses obligations, il faut à la fois une formation et de la sanction».




