Les traditions ne se perdent pas. Fromages à pâtes dures et concert
de klaxons à vache sont de la parade pour saluer dans l'aire d'arrivée de la piste Oreiller-Killy le vainqueur dominical. Au couleurs jaunies de l'emmental, du gruyère et du sbrinz généreusement offerts par le sponsor laitier de l'équipe suisse, au son puissant des grosses cloches balancées en rythme par un groupuscule de joyeux musiciens, Michael Von Gruenigen en termine avec la seconde manche du géant de Val d'Isère et remporte conséquemment l'épreuve.
Chiffres et palmarès laissent apparaître que ce spécialiste du géant n'est assurément pas manchot du bâton, ni de l'esquive des piquets. Chaque saison lui offre quelques occasions de se faire remarquer ou d'accrocher les places d'honneur. Une victoire à Veysonnaz il y a deux saisons; l'an passé, un remarquable parcours lors du géant de Lillehammer avant de sortir de la trace; et cet hiver, avant le succès d'hier, le jeune Suisse, avait obtenu une seconde place bienvenue lors du géant inaugural de Tignes.
De lui jusqu'alors, on savait peu de choses: les gazettes ont longtemps passé sous silence le statut d'orphelin après les morts successives de sa monitrice de mère, électrocutée dans sa salle de bains, puis de son moniteur de père, écrasé par un tracteur sous les yeux du futur grand skieur. Elevé par sa grande soeur, encouragé par un oncle qui a su faire fructifier la petite ferme familiale, le petit Von Gruenigen a gravi lentement les échelons qui mènent au v




