recit
REMY FIERE
Isabelle Autissier quitte la galère «C'était la première fois que je déclenchais une balise, c'est la première fois que je ne ramène pas mon bateau, c'est la première fois que je fais de l'hélicoptère.» Après quatre jours durant lesquels elle est restée «confiante», la navigatrice a été hélitreuillée samedi. - Elle est donc sauve, «déguisée en marin australien» à bord de la frégate Darwin. Et immédiatement disponible, comme si de rien n'était. Isabelle Autissier s'excusait presque d'avoir dérangé tout ce beau monde, d'avoir suscité trop d'angoisses inopportunes entre Noël et premier de l'an. Comme si la fatigue n'avait pas d'emprise sur elle. Mots simples et phrases justes pour revenir sur une situation qui a fait craindre le pire à ses proches, sans qu'il soit pour elle question de se mettre en avant ni de s'apitoyer sur un triste sort.
L'hélitreuillage a donc eu lieu dimanche au matin, heure australienne (samedi soir heure française), plus tôt que prévu, sous une houle modérée. «Ils m'avaient dit d'être prête dès le lever du soleil, alors je suis sortie, j'ai entendu l'avion de reconnaissance, puis, une demi-heure plus tard, l'hélicoptère est arrivé», raconte la naufragée. Le Seahawk, qui a quitté la frégate dès que celle-ci s'est trouvée à moins de 60 milles d'Isabelle, se place face au vent, en vol stationnaire. La procédure est habituelle, les conditons météo propices: le vent est tombé de 40 à 20 noeuds, l'océan s'est calmé et les vagues ne dépassent




