C'est l'heure pour présenter ses vieux,
ou ses boeufs, c'est selon. Aimable tradition, quoique nos glorieux retraités comme nos jeunes ruminants n'aient guère besoin d'aide, non plus que de calendrier pour se mettre en vitrine.
C'est ainsi que l'on a entendu le chaleureux Ice Borg évoquer au gui l'an neuf les heures dorées de son tennis en peau de croco. «De mon temps, dit en substance le retiré des raquettes en bois, on ne s'ennuyait guère. Aujourd'hui le tennis manque de saveur, de spontanéité.» Allons bon, voilà qu'un Suédois au profil de liftier entre deux étages s'en vient donner des leçons d'esthétisme et de spontanéité aux cadets de la droite ou de la prise à deux mains. Que ceux qui ont ri, et ne serait-ce qu'une fois, aux combats-longs métrages du Buster Keaton aux yeux de terre battue lèvent le doigt pour servir.
Le second qui mérite bien ses étrennes, c'est le Bouboule argentin. Entre prise de nerfs et ouverture de la chasse aux plumitifs, entre tournée des popotes à Fidel et photos dans la maison à Mickey, entre justice argentine qui le réclame et président Menem qui veut le blanchir, Maradona, «El Pipette de Oro», vient nous proposer la création d'une organisation mondiale des joueurs. Façon BIT ou syndicat du chrome? «Je signale à Maradona qu'il existe depuis trente ans une fédération internationale des footballeurs professionnels, d'ailleurs fort bien représentée en Argentine», a simplement rétorqué un de nos anciens pros, syndicaliste outré que le grassouillet




