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A chacun ses barbus

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Publié le 23/01/1995 à 0h03

A chacun

ses barbus «Dis-moi, vaillant soldat musclé, où place-t-on les cibles publicitaires sur un stade ou un circuit ?» «Ben, en face des viseurs, euh des caméras, mon général, pour qu'on puisse bien les aligner...»

Habile réponse, mais problème majeur. Par exemple, quand un gars du Vieux Continent gagne en Mondovision et au Japon au milieu d'un décor d'idéogrammes. Inamura, natif de Yokohama, comprend bien les réclames pour le nouveau riz des frères Takawabe, mais Marcellin, du fond de son Isère, est irrité et regrette de ne pas avoir fait langues O. Quant aux annonceurs spécialistes de l'écriture cursive, ils claquent des dents. Incompréhensible, ce bel espace illisible pour les trois quarts de la planète, cette manne financière qui passe sous le nez. Pas pour longtemps, heureusement. Les nouvelles technologies de permettent désormais de modifier, place pour place, un panneau de pub et de le transformer en direct. La télé, royaume de l'illusion et du bricolage de la réalité : en gros, l'image filmée est découpée et chaque petit carré, depuis la régie, peut être recouvert par un autre. Ainsi une pub BNP sur le central de Roland-Garros, qui interpelle sans doute peu les Australiens du Bush ou les hommes rudes du Montana, pourtant tennisophiles, pourrait sans difficulté devenir une réclame pour la Chase Missoula Bank ou le United Credit of Kangaroo City. Par le miracle virtuel du grand ordinateur.Inquiétant? Pas le moins du monde... On promet déjà des systèmes pour rendre i

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