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Libération

lucarne : priez pour eux

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Publié le 30/01/1995 à 23h51

Pendant que de l'autre côté de la Mancha, un Con Quishoote

professionnel prend ses jambes pour des ailes de moulin et se fait excommunier par les prélats du foot, des nouvelles du monde nous rassurent sur la piété vivace de l'amateurisme sportif et nous édifient, hélas tristement, sur l'absence de munificence des divinités.

Ainsi, un coureur à pied zaïrois, par ailleurs éminent prédicateur, avait affirmé pouvoir marcher sur les eaux à l'instar d'un des premiers magiciens de notre ère. Sous les yeux de milliers d'adeptes venus assister à la performance, le prétentieux s'est noyé en quelques minutes. Ce Jésus «new nage» avait pourtant affirmé qu'il traverserait les eaux de la rivière Kwilu, tout «comme le Christ avait traversé le lac de Tibériade». Hélas, un tourbillon a eu raison de son indéfectible optimisme, et même si ses adeptes ont cru voir là un «signe incontestable», le fils de Dieu n'est pas près de ressusciter. Comme Cantona?

Ailleurs, c'est un autre athlète de fond qui a échappé de peu à la mort. Ephraïm M'Ikiara, petit homme sec de 64 ans, gravit au moins deux fois par an depuis 1974 le mont Kenya et ses plus de 5.000 mètres d'altitude, pour se rapprocher des cieux. Récemment, les sauveteurs l'ont trouvé blotti dans une cabane du sommet Nelion, un des pics les plus hauts de la montagne, transi et presque mort de faim. Ses membres et ses articulations étaient enflés et douloureux, mais il s'en est sorti et a pu rentrer chez lui, au pied de la montagne. Ephraïm n'en e

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