Alpins et marins, des affinités électives
En paire à Risoul pour le trophée Mer-Montagne, chasseurs de sommets et pourfendeurs d'horizons n'ont pas eu de mal à faire équipe: même humilité devant les soubresauts de la nature, même habitude des combats dans des espaces où l'homme n'est pas fait pour vivre.
Risoul, envoyé spécial - C'EST UN DIALOGUE de milieu de soirée, après l'effort d'une sévère randonnée à ski et une épreuve d'escalade de balcon à balcon sur les immeubles du front de neige de Risoul, station des Hautes-Alpes. Sous le soleil, Christophe Profit, alpiniste solo, et Yves Parlier, navigateur solitaire, font équipe commune et course en tête dans ce trophée mer-montagne. Là, dans la pénombre d'un établissement nocturne, accoudés, douchés, reposés, ils font plus ample connaissance.
«Est-ce que tu sais que ma tante t'a enseigné le catéchisme?», demande le marin.
«Ah non, comment s'appelait-elle?», répond l'homme des sommets.
«Martine Besnier, elle habitait Rouen.»
«Ah oui, ça me dit quelque chose, je me souviens maintenant.»
C'est un premier indice, et il vaut ce qu'il vaut. Mais, à voir s'agiter sur la neige chasseurs de verticales et pourfendeurs d'horizons, on conçoit sans difficulté qu'ils ont plus de points communs qu'une dorade coryphène et un dahu. Et cela pourtant, bien avant que les montagnards présents au Morgan's, la boîte locale, ne partagent un «démâtage» à grandes goulées de gin to'; et bien avant que les marins ne croisent une «dételée» alpine, le temps d'un




