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Libération

Lucarne : culture bio et autobio

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Publié le 13/03/1995 à 2h13

Cher monsieur l'éditeur,

je dois vous avouer que je ne comprends pas votre refus. J'ai bientôt 30 ans et, comme mes compères de l'élite, je pense avoir plein de choses à conter sur le football. La retraite est proche et une autobiographie aurait sans doute belle allure. Mon enfance sans problème, mes notes passables en français, mes devoirs bâclés pour aller jouer dans la rue, le centre de formation dont j'ai failli être viré, mes premiers salaires d'aspirant, le salon de coiffure à crédit pour Josy, mes contrats plus ou moins longs à Sedan, Brives, Limoges... La chute inéluctable en Nationale 1, l'aventure de Josy avec un vieux milieu de terrain du Toulon SC et sa fuite avec lui, mon divorce et ma tendinite qui sont sans doute liés. Et la voilà qui me réclame une pension alimentaire, moi qui ne peux même plus payer les traites du salon et de la Hyundaï.

Vous me répondez que mon histoire n'intéressera personne. Ce n'est pas l'avis d'un de mes amis journaliste. Il se dit prêt à «mettre en forme» mes propos pour les rendre encore plus alléchants. Et m'a convaincu qu'une bonne autobiographie ne pouvait être rédigée que par un autre.

Pourquoi n'y en aurait-il donc que pour les Papin, Cantona, Boli ou le Ginola, à paraître très bientôt? Je vous le demande, nous aussi, les méconnus, avons notre mot à dire. En plus, dans mon cas, ça vous aurait des relents de mélodrame à faire pleurer même monsieur Bernès.

Bien sûr, si ça vous arrange, on peut publier cela sous forme d'entretien, comm

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