Franchement, il est des retours au premier plan dont on se moque et
d'autres dont on se félicite. Prenez le cas de Michael Jordan, l'anémomètre américain. Il y a peu, «Air Machin» nous disait qu'il avait trop soupé du basket, que le golf, que le base-ball étaient sa nouvelle nourriture. Et puis tout soudain le revoilà sur les parquets, exhalant à plein nez le plan médias prémédité dans une NBA où tout est calculé-calibré pour faire monter la pression chez les avaleurs de Bud et autres mangeurs de pop-corn.
Alors on préfère largement s'intéresser au devenir d'un sportif aussi aérien que l'Américain, mais bien de chez nous. Ingénieux comme un nabot gaulois à tresses, apte à la pénétration dans l'air autant qu'un menhir, c'est le fameux Manu Wackenheim, dit le «nain volant». Respiration: cet ingénieur aéronautique autodidacte est à nouveau autorisé à se faire jeter, dans l'intimité d'une «Grange au Bouc» ou d'un «Macumba» de sous-préf'. Enfin. Mister Skyman, c'est son nom de scène, 122 centimètres sous la toise, casque et sangle dans le dos, tapis de sol et accusé de réception: homme et objet à la fois. Synthèse parfaite de cette France à réaction, profonde comme un sillon d'automne, superficielle comme une vue de l'esprit. Il fait ça «comme gagne-pain», pour le bonheur de quelques bons boeufs musculeux de nos provinces, qui le projettent au loin, devant un parterre de pouffiasses décolorées au rire chevalin.
Il a pourtant eu du mal, Manu, pour exercer sa profession de grenadé-vol




